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DEUXIÈME CATÉGORIE

1° Sincérité, penchant à dire toujours la vérité. Dans la pratique, c’est l’expression consciencieuse de nos pensées, ou de nos sentiments, souvent même des motifs qui lés ont inspirés. Elle a son principe dans la délicatesse île 1 âme, et dans une certaine dignité que le mensonge révolte.

L’amour du vrai contribue puissamment à éclairer l’intelligence, à fortifier la raison et à fonder la moralité. La tendance contraire est une preuve de la fausseté du jugement, et quelquefois de la perversité de l'amc.

Sincérité et corruption sont incompatibles.

Comment ne préfère-t-on pas au mensonge, qui aggrave les torts, la sincérité qui les fait pardonner?

1 La ptuluur qui a été définie aux pages 47, 48 et 176, n’est que la vigilance de l’âme sur les sens. Celle que je définis ici est la vigilance de l’ânie sur elle-même. C'est un sentiment que ne rend pas complètement le mot déliçat<me.

Louer, dans autrui, les qualités que l’on n’a pas, c’est sincérité et droiture, ou raffinement de flatterie, si ce n’est désir de se faire rendre éloge pour éloge.

2° Véracité, volonté constante de ne rien dire qui ne soit vrai, mais non pas de dire tout ce qui est vrai. Il semble qu’elle soit plutôt le résultat de la réflexion et d’une appréciation morale qu’un mouvement spontané. Un menteur corrigé serait un homme vrai.

La véracité concilie le courage qui exprime les vérités utiles, et la prudence qui tait les vérités dangereuses.

5° Franchise, penchant d’une belle âme à montrer, sans détours, tout ce qu’elle pense, au risque de déplaire.

Un homme franc ne saurait ni mentir, ni dissimuler. Eu le regardant, on le devine; en l’écoutant, on sent qu’il dit la vérité. Un menteur corrigé ne pourrait devenir franc.

La ruse compte, avec un homme franc, sur des succès faciles; mais il a, pour elle, une répugnance instinctive qui l’aide à éviter ses pièges.

‘ Un homme franc plaît ordinairement par sa bonté, sa droiture cl sa bonne humeur. On est à son aise avec lui, parce qu’on voit le fond de son âme, et qu’il cherche rarement à pénétrer les autres.

Dans le conflit des intérêts et des passions, l’honneur et quelquefois les succès restent à la franchise et à la loyauté. Cette remarque peut venir au secours de la morale.

La franchise exclut la persévérance dans le mal ; car l’aveu est bien près du repentir.

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