CHAPITRE
g IV. — Qualilés produites par la force morale.
\° Résolution, détermination de l’esprit, soutenue par le cœur.
2° Fermeté, pouvoir de résister, qui oppose le calme à la violence, la volonté réfléchie aux obstacles et aux dangers. La fermeté est la confiance inspirée par la force unie à la raison. Elle se manifeste par une noble assurance. Sans la fermeté, nul n’a d’empire sur les autres.
La douceur habituelle n’exclut pas la fermeté. Mais un homme doux ne se montre ferme que dans les circonstances graves. Alors il croit remplir un devoir; et peut-être y tient-il d’autant plus que c’est pour lui une occasion de faire preuve de caractère.
Les âmes faibles se brisent contre les obstacles qui ne sont, pour les âmes fermes, que l’occasion d’un triomphe.
5° Force d'âme, fermeté exercée envers soi-même, domination de la volonté sur les sensations et les sentiments, pouvoir de supporter de grandes infortunes, avec assez de calme pour maintenir toujours l’intelligence et la raison au niveau du devoir.
4° Courage, énergie morale qui soutient l'homme au milieu des difficultés et des périls, et qui lui permet de choisir, avec une entière liberté d’esprit, les meilleurs moyens de les combattre et de les surmonter. Le courage se fortifie par l’expérience et par la réflexion. Pour être complet, il doit réunir à la confiance, qui ne craint pas la lutte, la persévérance qui ne cède qu’à la nécessité.
Rien no décèle le courage dans les circonstances ordinaires. Caché sous une dignité calme, quelquefois même sous une apparence de timidité, il évite le péril, jusqu’à ce qu’il lui semble utile d’en triompher. Alors il proportionne ses moyens aux obstacles, attend patiemment l’occasion d’agir et la saisit avec vigueur. Il n’hésite pas à sacrifier un avantage pour en assurer un plus grand, et sait tirer parti de tout, même de ses revers.
Le courage est souvent une heureuse et noble inspiration de l’amour de soi-même . Quand on est près de succomber à un péril, il suffit quelquefois, pour l’écarter, d’oser le regarder en face.
5“ Constance, persévérance dans un goût, ou dans une habitude, dans des sentiments qui satisfont le cœur, ou dans des idées qui ont convaincu l’esprit.
Il est peu de caractères qui ne se contredisent jamais. On a passé sa vie à blâmer une erreur, à combattre un préjugé; l’occasion se présente de mettre ses principes en pratique, et l’on n’hésite pas à se donner un démenti. Pour juger un homme, attendez son dernier jour.
L'homme qui, dans des positions diverses, n’a jamais varié, inspire une profonde estime ; mais sa constance offre peu d’attraits dans les relations du monde : l’imagination n’a plus rien à faire avec lui. Les femmes surtout, qui ne peuvent se passer de surprises et d’émotions, le trouvent ennuyeux comme une vérité mathématique. On le respecte et on le délaisse, sauf à le rechercher quand on aura besoin de lui.
6° Bravoure, impétuosité naturelle qui pousse l’homme vers le danger, et l’anime en l’y exposant.
Elle est d’autant plus terrible qu’elle réfléchit moins.
Un obstacle imprévu peut la déconcerter un instant; mais c’est un ressort détendu qui conserve sa force.
Chercher inutilement le danger n’est pas de la bravoure, c’est de la témérité.