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CHAPITRE IV

1ère. Dans ses vives saillies, il froisse souvent, sans y songer, des opinions, des prétentions ou des sentiments irrilables; et, s'il excile quelque mécontentement, il en remarque les signes, au moins avec surprise. Une personne qui exige son attention et ses égards, lui semble présomptueuse et presque impertinente. 11 sent, peut-être sans se l’avouer, que, les convenances étant des conventions, celui qui pourrait faire la loi n’est pas tenu d’en accepter une qui le gêne ou l’ennuie.

Réfléchi ou insouciant, dans les deux cas c’est toujours l’amour-propre

Dans les questions d’amour-propre, comme dans toutes celfes où l’intérêt personnel se trouve engagé , si vous avez des doutes, vous ne serez que juste en les décidant contre vous.

Souvent on s’obstine à défendre une erreur, de peur d’avouer h un autre qu’il a raison.

Nous somme» quelquefois moins piqués d’un procédé malhonnête que d’un mot plaisant; parce que le premier s’attire d’ordinaire un blâme qui nous en venge, et que le second se fait applaudir à nos dépens.

Un abus de confiance nous blesse moins aussi par le préjudice que nous en éprouvons que par l'humiliation d’avoir été pris pour dupes.

Enfin, nous pardonnons plutôt à nos amis l’indifférence pour notre fortune ou notre santé que pour ce qui intéresse notre amour-propre.

Ua seule plaisanterie sans danger est celle qui, avec l'appa-

rence d’un trait malin, chatouille, eu réalité, quelque prétention de l’amour-propre. Pourvu que l’on mette hors de doute l’esprit d’un homme, ou la beauté d'une femme, on peut, sans risque, en critiquer l’usage.

On peut aussi plaisanter un homme sur des défauts qui ont certains traits de ressemblance avec des qualités, pourvu que l'on ne montre pas trop clairement en quoi ils en diffèrent. Avec cette précaution, ne craignez plus d’attaquer la prodigalité sous le masque de la générosité ; le désordre, que l’on peut prendre pour un superbe dédain des petites choses; la violence, dont l’énergie passagère « un faux air de courage; la légèreté, si souvent confondue avec la franchise et l’amabilité ; et la dissimulation, cette coupable exagération de la prudence. Mais ne plaisantez jamais sur un défaut qui ne puisse être qu’un défaut.

On vante rarement, dans autrui, les qualités auxquelles on prétend soi-même, sans composer sa louange de manière à en profiter un peu.

Pour faire accueillir la vérité, il n'importe pas moins de ménager l’amour-propre que d’éclairer l’esprit. Quand l’amourpropre est engagé, on ne le ramène qu’en paraissant croire avec lui que la raison a tort, mais que l’on doit subir le joug de la nécessité.

C’est une grande preuve de bon sens que de ne pas compter sur l’infaillibilité de sa raison.

On se défend difficilement d’un peu de satisfaction lorsqu’on

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