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CHAPITRE IV

L’empressement que l’on met à montrer sa supériorité est peu habile : il ressemble à un doute,

Le pédantisme n’est qu’une vanité prétentieuse dp savoir sans tact ou sans esprit.

On reconnaît un pédant à la gravité ridicule et au ton de supériorité avec lesquels il jette à tout venant son érudition maladroite, ou quelques mots techniques de sa profession, pour éblouir les ignorants. Toujours emphatique, et souvent vide de pensées, il veut exciter l’admiration, et ne cause que l’ennui . Le charlatan a, comme le pédant, le désir de se faire valoir; mais c’est moins par vanité que par intérêt. Si celui-ci a du savoir, celui-là a du savoir-faire; et, quand l’un ne réussit qu’à exciter les railleries, souvent l'autre parvient à l’opulence, aux grandeurs. On punit la sottise naïve ; on encourage l’adroite fourberie.

La prodigalité est l'effet d’une personnalité imprévoyante, ou d’une sotte vanité. La générosité n’existe que chez les personnes économes et modestes. Le prodigue cherche son propre plaisir; l’homme généreux, celui des autres.

Un prodigue semble mépriser l’argent; et, pour en obtenir, il compromet son honneur, il plonge sa famille dans la misère. Étrange amour de soi ! Étrange vanité !

L’homme qui appelle l’attention sur ses traits d’esprit est un pauvre qui fait sonner son argent.

On avoue volontiers qu’on manque de mémoire, pour se faire croire riche de son propre fonds.

L’indiscrétion est souvent un effet de la vanité. Pour se donner de l’importance, on révèle un secret que l'on a pénétré, ou que l’on doit à une confiance dont on se glorifie, tout en s’en montrant indigne.

La vanité descend quelquefois si bas, pour arriver à ses fins, qu’on la croirait l’opposé de la fierté.

Souvent un auteur, qui communique un ouvrage à ses amis, cherche moins d’utiles conseils qu’un à-compte sur sa gloire.

L’amour de la gloire n’eslqu’une vanité ennoblie par le but. C’est un de ces sentiments factices que produisent le contact \ des hommes et la fermentation de la vie sociale. Un homme isolé ne peut l’éprouver; mais le sauvage lui-même, au milieu de sa peuplade, y sacrifie ses jours. Cette passion attend du courage ou du génie une satisfaction qu’elle reçoit bien souvent du hasard.

Les hommes prodiguent la gloire à ceux 'qui savent identifier leurs intérêts avec les passions des autres; ils en sont avares pour ceux qui se dévouent au bonheur de l’humanité.

L’amour de la gloire est, pour l’homme, ce que la coquetterie est pour la femme, la prétention la plus ambitieuse de la

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