RÉFLEXIONS GÉNÉRALES SUR LES CARACTÈRES
Si la figure humaine, avec quelques traits seulement, varie à tel point que, depuis la création, il n’a peut-être pas existé deux hommes d’une ressemblance complète, ne doit-il pas se trouver plus de différence encore entre les caractères, qui se composent de tant de penchants et de sentiments divers?
Un appelle caractère le point saillant de lame. Vice ou vertu, défaut ou qualité, il projette sur les autres parties un reflet qui donne à l’ensemble une apparence d’unité. L’avare se montre jusque dans sa générosité ; le prodigue, dans son économie; le débauché, dans ses moments de tempérance, et l’homme violent, dans sa modération, de même (jue l’homme d’ordre dans sa libéralité; l’homme Itou, dans sa rigueur, et le brave, dans sa prudence. En définissant les qualités et les vertus, les défauts et les vices, nous avons indiqué les bases et les signes distinctifs des caractères les plus prononcés. Mais, dans lésâmes ardentes et mobiles, ces éléments se combinent ou se heurtent sans cesse, et ne constituent point, à proprement .parler, des caractères. Us mettent l ame dans des étals fortuits qu’il est