CHAPITRE V
trc les riches, haine contre les grands, et, pour ceux qui diri gent la multitude, qu’un moyen de se mettre à leur place.
Quand le pouvoir n’est pas recherché par dévouement au bien public, ou, au moins, pour l’honneur, il l’est pour l'argent. Un gouvernement peu soucieux d’attirer sur ses agents l’estime et le respect' du peuple, se livre d’ordinaire aux hommes cupides, et ressemble à un malade qui, sentant son cœur battre, ne s’inquiète pas de la gangrène de ses membres.
Plus un gouvernement s’élève pr ses principes, plus il assure la liberté et la força de ses mouvements. Les obstacles sont toujours à scs pieds.
Un homme très-sensible ne sera jamais un grand homme d’État.
La violence est l'effort de la faiblesse. Il est, |»our les gouvernements, un remède héroïque qui guérit ou qui lue.
Dans les dissensions politiques, quel est le lieu des partis? Tous diront : L’amour du bien public. Moi, je dis : L’intérêt personnel.
Beaucoup d hommes très-éclairés et profondément religieux sont plus disposés à pardonner les attaques contre Dieu, que les opinions contraires à leur foi politique.
Les esprits étroits et les unies perverses voient, dans les règles, une gène et un obstacle. Les esprits élevés et les âmes droites y trouvent un principe de force et une sorte d’émanation de l’ordre divin. On n’aime l’arbitraire que par amour de l’abus.
Se vanter de n’avoir jamais changé d’opinion, le plus souvent c’est dire qu’on n’a rien appris.
Les révolutions politiques ressemblent à ces tempêtes qui, pendant leur furie, font monter la vase à la surface des eaux. Mais la vase retombe, dès que le calme est revenu.
Les intrigants se montrent, après une révolution, comme les limaces après la pluie.
L’intrigue l’emporte sur le bon droit, comme un corps en mouvement renverse un corps au repos.
L’homme a plus d’ardeur pour acquérir que pour conserver; parce que, chez lui, le désir est plus vif que la jouissance. Cette observation vulgaire explique la moitié des actions humaines, et la plus grande partie des désordres qui affligent la société.
Nos ancêtres avaient un grand respect pour l’ancienneté des usages et des lois. La société actuelle pense tout le contraire. L*ous prétexte de progrès, elle n’ainie que le nouveau. Avec ce penchant, fondez une prospérité durable I ••
CU Al’ITRE VI.
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