BUT DF. CETTE ÉTUDE
L’homme est un problème complexe dont personne * ne peut trouver l’entière solution, mais dont il ne nous importe pas moins à tons de chercher à éclaircir quelque point . Avant d entrepi endr e cette tâche difficile, avant d’observer et de juger, sur le fait, chacun des penchants, chacune das facultés, chacun des seciets mouvements de lame humaine, ast-il un esprit réfléchi qui ne sente la nécessité de s’appuyer sur quelques notions fondamentales, et qui ne se demande d’abord qu’elle est 1 origine, quelle est la nature, et quelle peut être la f in de l’homme? Après avoir bien médité sur ces questions, esf-il un esprit sensé qui ne soit forcé de dire : « Créature de Dieu, l’homme a tout reçu de Dieu; être libre, il a de bons et de mauvais penchants; intel • ligence bornée, il ne peut aller au delà de certaines limites dans la connaissance de la vérité», ni cesser de suivre la lu-
1 Avec les seules lumières de la raison. .
* On trouvera, à la fin de ce volume, la partie des aperçus philosophiques o Ci l’auteur a réuni, dans la première édition, un grand nombre i e questions que, pour la plupart, l’homme ne résoudra jamais. Que les incrédules veuillent bien y donner quelque attention; et, quand ils atiro vu combien de choses ils ne peuvent pas plus mer que coinprem re, peut-être opposeront -ils avec un peu moins d’assurance 1 autorité Ae leur raison à toutes les vérités qu’ils ne sauraient expliquer.
mièro divine sans s’égarer; âme el matière, il doit rendre à la terre les éléments qni l’assimilent à la terre, et à Dieu la substance immatérielle qui produit la pensée et l’assimile à Dieu. » Mais cette substance immatérielle, cette âme, conservera-t-elle son existence propre, le souvenir et la responsabilité de ses actes, lorsqu’elle sera remontée au foyer dont elle émane? De la réponse qui doit être faite à cette question dépend tout le sens moral de la vie; et cette réponse ne nous semble pas pouvoir être douteuse. Dieu a mis, dans l’âme humaine, avec la notion de l’ordre moral, c’est-à-dire, avec la faculté de discerner le bien du mal, la conscience qui doit diriger son choix; il y a mis une disposition au contentement intime après le devoir accompli, et au remords après la faute ; il y a mis le sentiment profond de la justice, dont l’autorité, si souvent méconnue dans ce monde, doit avoir, dans un autre, une satisfaction complète. Il nous a d’ailleurs fortement inculqué le désir d’un bonheur que nous ne pouvons trouver ici-bas ; or ce désir irrésistible, ce désir identifié avec notre organisation, n’implique-t-il pas une promesse du Créateur? Et cette promesse, dont une voix intérieure nous rappelle sans cesse les conditions, n’implique-t-elle pas elle-même la possibilité d’un droit? Étudier l’homme, c’est chercher dans ses penchants, dans ses facultés, dans les actes de sa libre volonté, ce qui peut le fendre digne ou indigne de ce droit ; c’est interroger la sagesse humaine sur les caractères qui distinguent le bien du mal; c’est s’efforcer de mettre en évidence les principes de l’honnêteté naturelle; c’est peut-être préparer les âmes à recevoir le dogme évangélique avec la triple adhésion du sentiment, de la raison et de la foi.