SENTIMENTS DE RÉPULSION
\° Antipathie, répugnance instinctive que nous cause une personne dont l'extérieur, les manières, l’humeur choquent nos liabitudes ou nos penchants. Ce sentiment n’est jamais tout à fait exempt de partialité. On l’éprouve, à la première vue; et, lors même que des relations fréquentes en font reconnaître 1 exagération, elles ne parviennent pas à le détruire. Il subsiste encore, malgré l’admiration et la reconnaissance. Tout en laissant la plus large place à l’estime, au respect et au dévouement, il les enveloppe d’une certaine réserve qui s’oppose à la fusion des âmes. Il permet de tolérer ce qui a déplu, mais non pas de l’aimer.
2° Aversion. Lorsque l’antipathie, fortifiée par des faits, cesse d'être une vague répugnance, elle se change en aversion. Celle-ci peut être inspirée, tantôt par des vices ou de mauvais procédés, tantôt par des qualités ou des succès qui la fout naître avec l’envie. L’antipathie se fonde donc sur l’apparence, et l’aversion, sur la réalité. L’une est spontanée et permanente; l’autre est réfléchie : mais celle-ci peut n’êtrc qu’un effet passager comme la cause qui l’a produite.
5' Inimitié. Les atteintes portées à l’amour-propre, aux intérêts, aux affections, excitent, dans les âmes impatientes, un vif déplaisir d’où naît l’inimitié. Elle se manifeste par une franche hostilité. Mais elle n’exclut ni l’équité, ni la noblesse des procédés; et n’empêche point un cœur généreux d’estimer la personne qui l’a offensé, ni même quelquefois de la servir.
On adopte volontiers l’inimitié des gens que l’on aime ; et quand ils pardonnent, on se sent un peu confus d’être forcé de pardonner aussi, sans savoir exactement pourquoi.