‹ Étude de l'hommeChapitre 198 sur 235 · C B A PI TH E X · texte numérisé non relu

C B A PI TH E X

Plus la fidelité d’un époux a de mérite réel, moins l'autre époux, qui se l’avoue, est disposé à lui en savoir gré. Il ne peut être satisfait d’obtenir du devoir ce qu’il voudrait sans doute recevoir de l’amour.

Le mari d'une femme remarquable par sa beauté ou son esprit a besoin de grandes qualités, pour ne point paraître insignifiant ou même ridicule.

La beauté est, dans le mariage, un objet de luxe qu’on semble avoir choisi par amour-propre, et pour le plaisir d’autrui.

11 faut qu’une femme soit bien malheureuse ou bien inconsidérée pour laisser un regard étranger pénétrer dans les secrètes souffrances de sa vie conjugale. S’il est dirigé par une curiosité maligne, le mari ne peut le remarquer sans en être blessé comme d’un témoignage accusateur. S’il est bienveillant, il produit l’effet de la goutte d’huile qui empêche le frottement, mais aussi l’adhérence de deux corps destinés à rester en contact. Dès que la vie conjugale cesse d’être un mystère, elle perd sa dignité et toute chance d’un bonheur durable.

La position sociale d’un homme dépend de lui même ; celle de la femme dépend de son mari. Cependant que cherche -t-on, d’ordinaire, pour elle, dans un mariage? Avant tout, la fortune; ensuite quelques rapports d âge cl de rang. Quant au caractère et aux principes du maître qu’on lui donne, c’est à peine si l’on y songe. Aussi voit-on plus d’une femme, née pour être

5iM

l'ornement de la société, tomber dans l'abjection avec l’homme dont le nom lui imprime une taebe ineffaçable. La communauté conjugale ne devrait pas comprendre le déshonneur.

l’OURQUOI CERTAINES FEMMES (‘RÉFÈRENT UN AMANT A LEUR MARI

Le mari est un maître; l’amant est un esclave.... avant d’être un tyran.

Le premier ordonne, exige ; le second ne demande rien qu’à genoux.

L’un, quand il cherche à plaire, n’oublie ni les convenances, ni sa propre dignité; l’autre cède aux plus ridicules caprices, et paraît heureux de s’humilier.

Le mari, s’il n’a de grandes qualités, perd bientôt tout prestige; l’amant, quel qu’il soit, a le grand mérite de la nouveauté.

Un mari se laisse voir avec les imperfections et les infirmités de la nature humaine; un amant ne se montre que paré de tous ses moyens déplaire.

Quand l’un réserve, pour sa femme, sa mauvaise humeur, les travers de son esprit, l’autre cache les siens à sa complice, et affecte les qualités qui contrastent avec les défauts du mari.

Le titre de mari signilie : raison et devoir ; celui d'amant : amour et plaisir.

Le mari le plus spirituel dans le monde, semble d’ordinaire ne rentrer près de sa femme que pour laisser reposer- son esprit. L’amant le plus sot a rarement le temps de prouver qu’il

* Beaucoup de femmes, sans aucun doulc, sont vertueuses par principes et ne. croient jamais que les torts, même les plus graves de leurs maris, puissent les autoriser à être infidèles. Mais s’il en est qui subordonnent leurs devoirs au respect de leurs droits, n’esl-il pas utile d’avertir leurs maris des dangers contre lesquels ils doivent se mettre en garde?

Page 1