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CHAPITRE X

en manque; et il peut, dans un court téle-à-lèle, intéresser, sans effort d’imagination.

L habitude a bientôt calmé l’ardeur d’un mari. Les obstacles inspirent à l’amant une impatience qu’il présente et qu’on accepte comme l’élan de la passion.

La jalousie d'un mari est un odieux despotisme; celle d’un amant, un excès d’amour.

L’indissolubilité du lien conjugal endort une femme avide d’émotions dans une insipide sécurité. La crainte de perdre son amant l’oblige à paraître aimable, et resserre encore les nœuds qui l’attachent à lui.

Si le devoir parle pour le mari, l’imagination parle pour l'amant.

Enfin l’amour conjugal est, pour une femme plus occupée de ses plaisirs que de ses devoirs, un voyage forcé dans un pays connu, et sur une route tristement uniforme; l’amour libre, un voyage d’agrément à travers un pays pittoresque, éveillant sans cesse l’intérêt par mille aspects imprévus, et excitant, tour à tour, les émotions de la curiosité, du danger, du plaisir.

Que doit faire le mari, pour que cette femme 11 e soit pas tentée de manquer à la foi conjugale?

Prendre d’abord tout ce qu’il peut du rôle de l’amant ; ne rappeler le sien (pic par sa constance et son dévouement; se montrer préférable pour être préféré ; et, après avoir rendu sa femme lidèle par amour, s’efforcer de la rendre fidèle pur vertu.

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