CHAPITRE X. ô'2~i
vrce? Ou frémit, eu songeant que le vœu est bien près de l'acte qui pourrait le réaliser.
Quand l’homme n’est qu’égaré, la femme est tout à fait perdue. Celle-ci trouve-t-elle, au moins, quelque dédommagement des flétrissures de l’opinion et des déchirements de sa conscience, dans ces liaisons coupables?
Les seuls résultats qu’elle en tire sont les anxiétés d’un amour sans cesse contrarié, des doutes sur la fidélité d'un homme avide de plaisirs, les soupçons de celui qu’elle outrage et de celui-là même auquel elle se dévoue, la nécessité affreuse de sourire à l’homme qu’elle trahit, enfin le danger d’être jetée en proie à un monde impitoyable qui aime à se repaître de scandales, de tourments et de larmes.
Cette femme si malheureuse le deviendra, chaque jour, davantage. Sa passion sera dédaignée, ses empressements paraîtront importuns, et ses exigences exciteront la colère. Son cœur, alors dévoré de regrets et de jalousie, éprouvera des angoisses cruelles, et ne pourra puiser aucun soulagement dans les affections qui font le bonheur d’une vie régulière. Quelquefois, exaltée par le remords, elle voudra chercher, dans un aveu désespéré, l’expiation de scs fautes et une garantie contre sa faiblesse; mais elle sentira aussitôt que la fausseté lui est, pour toujours, imposée comme un devoir, et qu’elle n’a pas le droit de s’en affranchir, en déchirant le cœur dont elle a trompé la confiance. Avec celte conviction, si elle ne se décide pas à dompter, en secret, son amour, elle implorera la pitié de l’homme qu’elle a également fatigué de son dévouement et de son désespoir, au risque d’être repoussée et de mourir à scs pieds de honte et de douleur.
Telles sont, pour la femme infidèle, les conséquences funestes des liaisons les plus mystérieuses. Mais quel surcroît de tourments n’y ajoutent pas bien souvent les jalousies effrénées, les querelles violentes, l’éclat du scandale! Et quel autre sujet de remords pour elle et pour sou complice, quand il reste de leur faute un témoignage vivant !
Si une femme, près de céder à un penchant coupable, pou-
vail réfléchir à tant de périls, elle reculerait avec effroi ; et si, dans le délire même de la passion, elle élevait ses regards vers le ciel, elle en obtiendrait la force de s’arrêter sur le bord de l'abîme, ou de s’eu tirer purifiée par le repentir.