UE LA FAMILLE
Besoins et appétits physiques, instincts pour les satisfaire et sensations produites par la jouissance, telle est, ou du moins paraît être toute la vie de la brute. Concentrée en elle-même, la brute ne s’occupe guère des autres individus de son espèce. Cependant, parmi ses instincts, il en est un auquel la nature a donné une apparence de sentiment, presque de moralité : c’est celui qui inspire à la mère le soin de ses petits. Mais en l'observant, on y voit, au lieu d’un attachement libre, l’accomplissement d'une loi nécessaire. La mère se dévoue jusqu’à la mort pour scs petits, aussi longtemps qu’ils ont besoin d’être nourris et protégés. Dès qu’ils peuvent se passer d’elle, elle cesse de s'occuper d’eux, et souvent même de les reconnaître. Le but de la nature est atteint ; l’espèce est conservée ; aucun lien ne reste.
Si de la brute nous remontons à l’espèce humaine, nous trouvons, en celle-ci, les mêmes besoins, les mêmes sensations et les mêmes instincts, mais contenus, mais dirigés par la volonté, le sentiment et l’idée du devoir. Le père et la mère ne «ont pas seulement, l’un pour l'autre, un mâle, une femelle :