CHAPITRE XI
joies et des douleurs, enfin complète satisfaction du cœur, voilà ce que l'on trouve dans la famille, et ce que l’on ne peut trouver ailleurs. La Providence, ‘toujours attentive à mettre, dans le bien particulier, le principe du bien général, a fait de la famille le premier anneau de la chaîne qui devrait unir tous les individus composant un même peuple, et tous les peuples composant l’espèce humaine.
N’esl-il pas étrange qu'on accorde au premier venu ses sourires les plus gracieux, ses attentions les plus délicates, et que l’on réserve à sa famille sa taciturnité, ses exigences et sa rudesse? L’amour-propre peut être satisfait de ce partage ; mais la raison le condamne, et le bonheur eu reçoit de funestes atteintes. Reconnaissons pourtant que, dans les relations habituelles, l’esprit tombe souvent dans une langueur involontaire, et qu’alors il a besoin d’être stimulé par des sensations nouvelles, pour retrouver toute son activité. Eh bien ! voyez le monde; ayez, pour lui, des égards et des soins ; mais si vous en êtes prodigue envers lui, est-il juste d’en être avare envers votre famille?
Quand on ne trouve rien de préférable au calme d’une vie égoïste, on a raison de dire ; Si vous avez des enfants, que Dieu vous garde de les perdre! Si vous n’en avez pas, que Dieu vous garde d’en avoir !