CHAPITRE F
l'instinct généreux qui les a suggérées, et qui a donné le courage de les accomplir, est un élan spontané de l’Ame, dont elles ont reçu leur caractère et leur moralité. La sensation petit alors être comparée à un esclave docile qui, dès longtemps façonné aux habitudes d’un bon maître, devance son ordre pour faire le bien en son nom.
L’homme doit quelquefois à une sorte d’imperfection toute la grandeur de certains sentiments. Si, en effet, une raison forte, une prudence éclairée et une parfaite modération exerçaient sur lui un empire absolu, beaucoup d’actions dans lesquelles brille un dévouement héroïque n’auraient peut-être pas été offertes à l’admiration des siècles. Le défaut même du principe semble ajouter à la sublimité du résultat.
L’homme qui n’agit que selon les lois de son organisation physique, c’est-à-dire dans l’intérêt de sa conservation et de son bien-être, passe pour sage, et n’est qu’égoïste. Celui qui oublie ces lois pour accomplir un devoir, ou pour s’occuper du bonheur d’autrui, est vertueux et bon. Le premier obéit, avec discernement, à la voix des sens, et le second, presque irrésistiblement, à une inspiration qui lui vient de plus liant.
IN
UE L'HOMME SENSITIE.