DR LA SENSIBILITÉ
La sensibilité est une disposition naturelle des organes matériels et de l'âme à recevoir, plus ou moins facilement, l’impression des objets avec lesquels ils sont en rapport. Il y a donc deux •sortes de sensibilité, l’une physique et l’autre morale. Elles ont, entre elles, une corrélation intime ; mais chacune d’elles, considérée isolément , ou comparée à l’autre , se montre , dans les divers individus, sous un jour et avec des degrés différents.
La sensibilité physique trop ou trop peu développée est une imperfection : trop développée, elle est une cause permanente de trouble et de douleur; trop restreinte, elle cesse d’être la mesure certaine des influences physiques, la sentinelle de l’intelligence, l’agent fidèle des relations de l’âme et du corps.
La sensibilité morale, lorsqu’elle dépasse un certain degré, devient une maladie de l’âme; et, lorsqu’elle reste au-dessous, elle laisse un libre accès à l’égoïsme et à la dureté.
La sensibilité physique et la sensibilité morale sont l’une pour l’autre, tantôt une cause, et tantôt un effet. La seconde doit être l’objet spécial et presque exelusif de ces études. Elle varie, dans chaque individu, avec l’âge, la santé et les circonstances. Une exaltation ou un affaiblissement excessifs de la sensibilité morale constituent un état irrégulier, un désordre véritable, qui ôtent à l’Ame, dans le premier cas, une partie de sa raison et de sa liberté; dans le second, la finesse de quelquesunes de ses perceptions et toute la délicatesse de ses sentiments.