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CHAPITRE XV

DE l’oPISIOS ET DE L’ESTIME DU MONDE *.

Plus le mérite est réel, moins il est impatient de se faire valoir. Peu soucieux de l’opinion du vulgaire, il attend le regard des hommes qui fondent les réputations solides. Son apparente simplicité a l’avantage d’écarter les sots.

L'estime que l’on quête ne vaut pas la peine qu’elle donne. Le monde l'accorde, un jour, sous le nom de popularité; le lendemain, il la retire, en y substituant le dédain, peut-être la calomnie. Pour une Ame élevée, mériter l’estime du monde, c’est bien plus que la posséder.

Nous montrons toujours notre beau côté ; c’est par le plus laid qu’on nous juge.

On ne peut paraître, dans le monde, qu’avec le sourire sur le? lèvres. Le sérieux y est un ridicule; la tristesse, une inconvenance; la franchise, un danger. Plaire au monde, et rester digne d’estime, sont deux tâches difficiles à concilier.

La physionomie des gens du monde csL une partie de leur costume.

1 L’estime est définie, comme sentiment individuel, nu chapitre ix.dii présent livre, section ni, 1°, pige 312.

On soigne sa toilette par vanité: mais souvent on la néglige par orgueil.

Le monde aime mieux un vice qui l’amuse qu’une vertu qui l’ennuie.

L’homme qui a l’air de s’oublier, et de ne songer qu’aux autres, gagne plus, pour la satisfaction de son orgueil , qu’il ne perd, pour celle de sa vanité.

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