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CHAPITRE IV

DES PENCHANTS ET DES SENSATIONS DONT L’EFFET EST DE CONCENTRER L’HOMME EN LUI-MÊME.

DE l’amour OE SOI-MÊME.

L'amour de soi-même est l’instinct de la conservation, insliuct commun à tous les animaux, mais tempéré, dans l’homme, jiar le discernement et la conscience. Soumis à ces guides prudents, il est la source des passions légitimes; livré à ses propres inspirations, il dégénère en personnalité ou en égoïsme. Mais, quand il s'immole au bonheur d’autrui, il fait naître à sa place les plus sublimes vertus, quelquefois l’héroïsme.

Plus l’amour de soi s'affaiblit, plus on avance vers la perfection.

On reconnaît souvent, dans autrui, plus de talent, de qualités, de moyens d’être heureux qu’en soi, et pourtant on ne voudrait pas devenir l'homme qui réunit tous ces avantages : ce serait abdiquer l’être *.

Un homme coupable peut détester ses égarements, se juger

* Cel amour instinctif de nous-mêmes est une sorte de dédommagement des qualités qui nous manquent, et le contre-poids de l’envie.

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