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Poltronneine, défaillance de l’Ame et du corps à l’aspect ou à la seule pensée du danger.
La poltronnerie, causée par une excessive sensibilité de nerfs, par un aveugle instinct de conservation, et par la mollesse de la volonté, est une sorte de fantasmagorie effrayante qui se forme dans l’imagination, et qui trouble la raison. Le poltron reconnaît sa faiblesse, et veut quelquefois la surmonter; mais, dès que le danger paraît, le cœur lui manque.
Une passion violente et l’amour-propre, mieux encore, triomphent, un instant, de la poltronnerie. Beaucoup de femmes parviendraient à s’en guérir si elles n’avaient aucun intérêt à en conserver au moins l’apparence *.
* Elles se montrent timides, pour exciter la sollicitude et se faire protéger.
3ü DE L’HOMME SENSITIF.
Un poltron poussé ;i bout peut devenir redoutable; mais, pour le faire rentrer dans son caractère, il suffit de lui laisser le temps de réfléchir.
Cependant la nécessité et l'habitude aguerrissent quelquefois un poltron *.
Pusillanimité, faiblesse de cœur et d’esprit, timidité excessive, absence complète d’énergie.
Un homme pusillanime n’attend pas le danger pour avoir peur : la seule pensée de la contradiction le fait trembler; et on le voit toujours prêt à abandonner ses droits, dès qu’il faut un peu de couragtë pour les défendre. Il évite avec soin de se mettre en évidence, parce qu'il se sent incapable de soutenir un regard et' qu’il rougit lui-même de se trouver si faible.
1 On m’a adressé cette question : « L’homme qui se tue, pour avoir manqué de courage et pour fuir le déshonneur, est-il poltron, pusillanime ou lâche? » Je réponds: « Cet homme a été poltron. Il a éprouvé ensuite le dégoût do lui-même et la crainte du mépris des autres. Mais sa vanité, impuissante pour lui donner le noble courage de racheter sa honte, lui donne le courage plus facile de s’arracher la vie. Il se dérobe, par une douleur éphémère, à l’elTroi que lui cause une autre douleur dont il ne peut prévoir le ternie. C’est encore une révolte de la poltronnerie, mais une révolte sans élan de coepr, contre la nature passive.
Le journal le Conititutionnel, du 25 avril 1851, rapporte une lettre du jeune Henri G*", d’Orléans, étudiant en médecine, âgé de dix-neuf ans, qui, ayant reçu un soufflet et proposé un duel, s’est asphyxié, parce qu’il ne se sentait pas le courage de se battre. Il déclarait que l’idée d’attendre, sur le terrain, le coup .de pistolet lui faisait peur. Il ajoutait : « Je ne crains pas la mort qui est là, près de moi, et qui sort lentement du charbon que je viens d’allumer. Regardez si mon écriture tremble ! Jamais je n’ai eu l’intelligence si nette... Adieu, mes amis. Vous direz que je n’étais pas un lâche. »
Ils auront raison de le dire. Mais vous étiez poltron ; vous aviez eu le temps de réfléchir... cl vous étiez sans doute matérialiste. Peut-être la vanité vous aurait- elle inspiré, en présence de vos adversaires et de vos témoins, la force de vous comporter avec courage.