‹ Étude de l'hommeChapitre 32 sur 235 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

g ill.

Lâcheté. — Elle diffère de la pusillanimité, surtout par une profonde insouciance pour le mépris qu’elle inspire. Elle n’exclut pas l'intelligence; mais une aveugle et basse personnalité ne lui permet pas d’en faire un digne usage. La lâcheté est une faiblesse organique et incurable qui ôte à l'âme, comme aux muscles, tout pouvoir de tendre leurs ressorts. Elle accepte, sans s’émouvoir, les humiliations et les outrages. A l'approche du danger, elle se courbe en tremblant, et n’a pas même la force de reculer pour éviter le coup qui la menace. Tout est vil dans un cœur lâche, tout, jusqu’aux motifs qui le déterminent quelquefois à pratiquer le bien. Le pardon des injures n’est, chez lui, que de la peur; la déférence, qu’une (laiterie intéressée; la politesse, qu’une servilité prévoyante; et la soumission aux lois morales, que de l'hypocrisie.

Page 1