‹ Étude de l'hommeChapitre 44 sur 235 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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L’aversion d’une femme pour son mari n’est, le plus souvent, que le revers d’une passion pour un amant.

La femme voit toujours un peu avec son imagination, et juge avec son cœur. Dans l’appréciation des sentiments ou des pensées d’autrui, sa pénétration va jusqu’à la divination, quand elle ne dégénère pas en extravagance.

La froide et hautaine réserve avec laquelle une jolie femme reçoit souvent les hommages des hommes, au fond, ne diffère pas, autant qu’on pourrait le croire, de l’empressement d’une femme laide à les rechercher. L’une ne se presse pas, parce qu’elle peut choisir; l’autre ne veut pas attendre, de pour qu’on ne vienne pas la trouver. Dans toutes deux, le désir est * pareil.

Un peu d’amour développe rapidement la sensibilité et l’intelligence des femmes. C’est par le cœur qu’elles mûrissent ou se gâtent .

Une jeime femme porte toujours en elle-même quelque cause de danger; si ce n’est dans scs défauts, c’est dans ses qualités. Forte contre la vanité et. l’attrait du plaisir, elle se laissera entraîner par sa bonté, par la tendresse de son cœur et par son dévouement.

Pour rester chaste, l’homme n’a qu’à combattre un penchant; une femme doit résister à la fois à son penchant et aux continuelles attaques des hommes. Ajoutez que l’un est fort,

que l'autre est faible, el jugez de quel côté la chasteté a le pins

de rucrile.

g III. — Aveuglement îles femmes dominées par l'amour.

Les femmes, dont le tact est ordinairement si fin, et l’esprit si pénétrant, sont d’un inconcevable aveuglement sur les sentiments de l’homme qui les subjugue. Tant que la défiance n’est pas éveillée dans leur àmc, elles se laissent tromper avec une facilité singulière. Quelques protestations suffisent pour remplir leur cœur d’une parfaite sécurité. Si, au contraire, la jalousie, est venue offusquer leur raison, elles voient, dans les actions les plus insignifiantes, des combinaisons habiles et de perfides intentions. 11 semble qu’elles ne puissent échapper à l’erreur, et que leur bonheur, comme leur tourment, doive toujours être une illusion. Comment ne savent-elles pas reconnaître l’amour profond et vrai? Il est cependant empreint de caractères inimitables. Prudent, discret, désintéressé, il s’oublie complètement pour songer au repos et au bonheur de. la personne qui l’inspire. Il cache ses actes de dévouement, eL l’idée de s’en prévaloir lui semblerait un calcul de l’égoïsme.

g IV. - l.a femme a besoin de suffrages.-

Une femme qui n’aime pas compte tous les suffrages, comme si le nombre seul en faisait la valeur; une femme qui aime les compte aussi, mais seulement pour rassurer son cœur.

Le regard d’un homme ne s’arrête guère sur la femme la plus indifférente sans qu’elle s’en aperçoive. Un homme ne remarque jamais le regard d’une femme pour laquelle il n’éprouve aucune sympathie.

La femme obéit à la loi de son existence, qui est de plaire et d’attirer, et l’homme à la sienne, qui est de choisir el de posséder.

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