CHAPITRE V
Il est peu de femmes qui ne soient [dus blessées d’un amour ridicule que d’un amour insultant.
g VI. — Indifférence de la femme.
.Mieux vaut cent fois la haine que l'indifférence d une femme. La haine a une cause déterminée. Elle liait d’un intérêt froissé ou d’une offense reçue. Alors une réparation donne à la femme irritée une supériorité qui plaît à son amour-propre et qui peut toucher son cœur. Comment refuserait-elle son pardon à un ennemi qui se condamne? Tous les nobles sentiments de son âme se révolteraient contre un souvenir du passé. Elle remarquera même qu’il a fallu de l’élévation pour faire l’aveu d’une faute; qu’elle doit, à son tour, quelque dédommagement à l’homme dont elle a méconnu le caractère, et qu’elle 11e peut être, avec lui, en reste de générosité. L’attention est éveillée; la bienveillance va commencer, et l’amour n 'attendra plus qu’une occasion.
L’indifférence, au contraire, est la négation d’une existence. Une femme ne connaît pas, 11’a pas vu l’homme qui lui est indifférent. Ce n’est ni une forme matérielle, ni une intelligence; c’est à peine une ombre qui passe et ne laisse aucun souvenir. L’indillcrcnce d’une femme est un mépris instinctif dont la haine pourrait devenir le remède. Si l’on ne peut arriver directement au cœur d’une femme, il reste la chance de s’eu faire haïr.
Pour connaître les véritables sentiments d’une femme qui a* montre indifférente, il suffit d’avoir l’air de renoncer à elle.
g VU. — Amitiés île I» femme.
La plupart des femmes sont peu faites pour l'amitié. Ce sentiment est trop calme pour leur âme; et d’ailleurs l’amour y laisse peu de place pendant une partie de leur vie. Cependant les jeunes femmes se douueul souvent entre elles des temoi-
gouges (l’ullaeliemcol si vifs, qu’ils semblent inspirés par line ;oi te de passion. Mais ou aurait lorl de les prendre au sérieux. Le ue soûl parfois que les amusements d’un cœur inoccupé, les distractions d’un état de transition entre un amant perdu et celui «pie l’on cherche; parfois aussi qu'une manœuvre dirigée, en apparence, vers une sœur ou une femme, pour atteindre nn frère ou un mari; et, pour quelques femmes, qu’un moyen de se donner, dans le monde, les charmes de la sensibilité et les grâces de l’émotion. Une amitié vraie et durable ue peut guère s’établir qu’entre deux femmes dont le cœur est calme et lion, dont les sentiments sont élevés, et dont l’esprit a du moins quelques côtés sérieux. Peut être serait-elle plus sûre encore si toutes deux avaient passé Page de plaire.
g VIII. — Amour malmiel.
L’amour maternel est un souvenir du sang, la transformation d’un lieu matériel en un sentiment, l’instinct de la conservation étendu à une double existence, enfin une tendresse souvent aussi aveugle sur les imperfections de l’être qui en est l’objet que clairvoyante sur ses désirs, sur scs besoins et sur les moyens de les satisfaire. Ce sentiment, dans toute sa pureté, est le plus énergique, le plus sublime que la femme puisse éprouver, parce qu’il est l’œuvre de la seule nature, et que, toujours prêt aux sacrifices, il n’en demande aucun. Le dévouement d’une mère résiste à l’ingratitude, et ne s’arrête pas devant la crainte de la mort.
Une mère est un appui doux et flexible sur lequel se reposent le fils, jusqu’à ce qu’il ait la force de suivre son père, cl la fille, jusqu’à ce qu’elle puisse s’attacher à un mari. Le sexe n’est cependant pas sans influence sur l’amour maternel : nue mère est vainc des succès de sa fille; mais elle est heureuse et tière des succès do son fils.
Les qualités, les défauts, les passions, impriment aussi lcufs caractères distincts à l’amour maternel. Tendre et dévoué dans