‹ Étude de l'hommeChapitre 48 sur 235 · EMPIRE DES SENS SUR I.A FERME · texte numérisé non relu

EMPIRE DES SENS SUR I.A FERME

Un doute est venu souvent obséder mon esprit : je me suis demandé s il est beaucoup de femmes dans la vie desquelles

(j 2 DE L'HOMME SENSITIF,

il n’v ait jamais eu un moment où leurs principes lussent demeurés sans force contre un séducteiu - habile et préféré? Beaucoup peut-être (faut-il répondre) parmi celles dont la vertu repose sur une piété profonde; très-peu parmi les autres, surtout si elles sont tendres et belles. Mais il est prudent d’ajouter que toutes ont besoin d’une grande vigilance pour traverser, sans chute, l’âge périlleux des passions *.

Le succès du libertin près de beaucoup de femmes, quelquefois même ennemies de ses mœurs, nous étonne toujours; et pourtant ce qui l’explique est facile à trouver. Chez l’homme, c’est uu penchant effréné pour les femmes, une grande exjtérienee de leur faiblesse, une certaine témérité de langage et de manières 4 qui leur impose et souvent les amuse, uu audacieux mépris des obstacles, uu inaltérable sang-froid, et l'instinct de l’à-propos. Chez les femmes, c'est le désir d’être distinguées par uu homme brillant et recherché, de savoir par quel bonheur mystérieux il paye les sacrifices qu’on lui lait, de l’enlever à d’autres, de le fixer peut-être, enfin de satisfaire le plus insurmontable besoin de leur sexe, la curiosité.

Toute femme, à l’entendre, préfère à la beauté les qualités du cœur et de l’esprit. Pourquoi donc celle qui l’a le plus ré-

1 Voilà, je le dois, la vérité; et je trouve de l’exagération dans les pensées suivantes :

« l.es plus sages d’entre les femmes n’ont pas encore assez de sagesse « pour résister longtemps au penchant qui les entraîne, et se défendre « des dérèglements de l’amour. » (l.e père du lioseq.)

a lai femme est ce qu’il y a, au monde, de plus corrupteur cl de plus « corruptible. » ( Confucius .)

4 Vauvcnargucs dit : « Il est très-plaisant qu’on ait fait une loi de la « pudeur des femmes, qui o estiment, dans les hommes, que I ’effronn terie. »

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