‹ Étude de l'hommeChapitre 49 sur 235 · CHAPITRE V. fia · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. fia

pété semble-t-elle quelquefois captivée par un homme sans mœurs, ou par un sot d’agréable apparence?

Le désœuvrement est la perte des femmes. Quand leur imagination n’est pas vivement intéressée par leurs devoirs, elle fermente et fait éclore les passions. Les soins domestiques sont l’occupation naturelle des femmes, et il n’est pas sans danger, pour elles, d’en dédaigner aucun. Je ne répondrais pas de la vertu de celle qui les a pris en dégoût.

Peu d'hommes, peu de jeunes gens surtout, osent demander à une femme ce que son regard ne leur a pas fait espérer; mais l’innocence et la coquetterie n’accordent, pas toujours ce qu’elles semblent promettre.

La femme provoquée! l’homme attaque.

L’homme qui plaît le plus aux femmes du monde est d’ordinaire celui qui les estime le moins. 11 leur faut, avant tout, du plaisir, et le respect leur en assure peu. Elles ne recherchent guère que ceux qui les amusent.

Les femmes savent que plus elles se placent haut, plus ou met de prix à les atteindre. Beaucoup d’entre elles résistent, malgré leur vif désir de céder, et savent peu de gré à celui qui croit leur premier mot.

Les libertins perdent les femnies, quand ils sont jeunes, par l’attrait du plaisir ; quand ils sont Vieux, en corrompant leur imagination, et en leur ôtant le sentiment du bien.

Toutes les femmes qui succombent ont été séduites: c’est un axiome que leur sexe a établi, et que, par politesse ou par vanité, les hommes ne contestent pas.

Quelques femmes sont si faibles, qu’on doit moius les blâmer d’être vaincues que de s’exposer à être attaquées.

Il n’est pas rare de voir une femme, miraculeusement échappée aux dangers de la jeunesse et de la beauté, perdre le fruit de tous ses sacrifices en se donnant, dès qu’on cesse de l’attaquer. C’est une citadelle qui a courageusement repoussé les assauts, et que la famine force enfin de se rendre.

Quand une femme est sans pitié pour les fautes de l’amour, on peut être certain qu’elle n’a guère inspiré la tentation de les commettre. L’indulgence pour ces fautes n’est quelquefois que de la mémoire ou de la prudence.

Telle femme, qui a beaucoup lutté contre son cœur, pour conserver sa vertu, et qui peut-être doit plus au hasard qu’à ses efforts, se montre plus sévère sur les fautes de son sexe que telle antre dont la froideur seule a écarté tous les périls. La première serait sans doute plus indulgente, si elle n’éprouvait une secrète jalousie en voyant d’autres femmes se livrer, sans scrupule, à des plaisirs dont elle a eu tant de peine à se défendre; et la seconde le serait moins, si elle ne porta il, jusque dans son opinion sur la moralité de ces plaisirs, son indifférence et son impassibilité.

Plus d’une femme, parvenue à l’âge où elle pourrait, en toute

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