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COQUETTERIE ET GALANTERIE

La femme est née pour inspirer et pour sentir l’amour. Quand elle ne peut accomplir cette double loi de sa nature, elle souffre de la froideur qu’on lui montre, ou fait souffrir de celle qu’elle éprouve. La place que l’amour ne peut remplir dans son cœur est presque toujours usurpée par la vanité; et celle-ci cherche à se satisfaire par la coquetterie. Cet insatiable besoin de plaire, que l'on confond souvent avec la galanterie, en est, sous beaucoup de rapports, presque tout i’opjtosé. 11 suffit de les comparer pour en faire sentir les différences ‘.

La coquetterie est. chez les femmes, la plus vive expression de la vanité. Une coquette veut séduire; et, pour atteindre son but, elle se pare d’une sensibilité feinte, dont elle varie, pour chacun, les nuances et les degrés. C’est une amorce que sou ingénieuse vanité présente à la crédule vanité de l'homme. Comme l’ambition, la coquetterie croît avec le succès. Les années la rendent impuissante et ridicule; mais elles parviennent rarement à la corriger.

La galanterie naît d'une ardeur déréglée de l’imagination et des sens. C’est un besoin de jouissances que la satisfaction modère et que l’àge éteint.

La coquette recherche les suffrages; la femme galante veut

1 Celle analyse comparative de deux défauts graves ne peut intéresser les femmes dont l’âme est pure et la raison soutenue par la piété. Mais n’en est-il pas beaucoup d'autres qui pourraient y trouver «les motifs de dompter leur penchant?

fi6 DE L’HOMME SENSITIF.

du plaisir. Celle-là ressent une secrète joie à exciter des désirs qu’elle ne veut pas satisfaire ; celle-ci cherche à faire partager les siens, et à les mener, sans détour, à leur but.

La première poursuit les hommages comme un bien réel ; la seconde les accepte comme une espérance.

L’une veut attirer l’attention de tous les hommes; l’autre s’occupe seulement de ceux qui lui plaisent et qui comprennent l’amour comme elle.

On charme une coquette en lui disant qu elle est belle, une femme galante en lui prouvant qu’on l’aime.

Une coquette est froide, égoïste, capricieuse et d’un commerce peu sûr, même dans les simples relations d’amitié.

Une femme galante n’a souvent d’inconstance que dans ses plaisirs ; et, chez elle, la bonté peut aller jusqu’à l’oubli d’ellemème, l’affection jusqu’au dévouement. Ce qui lui manque, c’est la lumière morale.

La coquetterie exclut la passion : un amour exalté peut enchaîner la galanterie.

Quand une coquette a perdu sa beauté, on ne trouve plus en elle que sécheresse de cœur et petitesse d’esprit. L’abandon aigrit son caractère; sa mémoire ne lui retrace que l’image importune de ses triomphes passés; elle s’irrite à la vue de ses esclaves devenus libres; rien ne remplit le vide de sonàme; sa vieillesse est un supplice, et elle se venge du dédain parle dénigrement.

Une femme galante, dans ses vieux jours, s’intéresse aux passions des autres, s’y associe par ses souvenirs, et donne ainsi le changea son imagination.

Une coquette se croit irréprochable, parce qu’elle n’a point failli par les sens; une femme galante ne mérite ce nom que par des fautes répétées; et, quand elle ne peut plus y retomber, elle s’efforce de se repentir. Quelquefois elle y parvient, et efface les torts de sa jeunesse par la bienveillance de son cœur, par la chaleur de sou âme et par une indulgence qui a son principe plutôt dans sa bonté que dans ses erreurs passées. Son défaut ayant disparu, ses lxmnos qualités se montrent sans

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