CHAPITRE V
nuage. Son vont elle dirige vers le ciel de^ sentiments qn’ePe ne peut placer sur la terre; et le besoin d’aimer, «pii a camé ses fautes, lui en fournit l’expiation.
La stricte morale vent sans doute qu’on préfère la première; et cependant la seconde trouve peut-être plus de sympathie.
La véritable sensibilité de la femme se place entre ces deux défauts, et donne à sa vertu l’attrait de la bonté.
Les coquettes sont exigeantes et exclusives. L’éloge d’une autre femme est une préférence qui les blesse. Elles seraient quelquefois moins avides de llatterics, si elles en comprenaient le sens. Un compliment direct renferme au moins un peu d’impertinence; car, s’il est sincère, il montre l’espoir de se faire accepter, et, s’il ne l’est pas, il est une raillerie cruelle et la plus piquante expression du mépris.
Est-il un plus sot rôle que celui d’un mari dont la femme provoque les hommages des hommes? 11 ne peut échapper à l’embarras et au ridicule de cette situation que par une galanterie marquée avec les autres femmes. Mais, si les personnes bienveillantes n’aperçoivent, - dans cette conduite des deux époux, qu’une preuve de confiance réciproque et un simple amusement, il s’en trouvera de moins indulgentes qui ne voudront y voir que le résultat d’une honteuse transaction. La dignité de la famille et la paix domestique recevront toujours quelque atteinte de leurs malignes observations ; fondées, elles révéleront une dangereuse vérité; fausses, elles finiront par en prendre l’apparence, et souvent par en produire les effets.
Quand la coquette rentre chez elle, tout enivrée de ses succès, et encore agitée par la fièvre du bal, l’invariable têteà-téte lui donne le frisson; et, si l’atmosphère conjugale se réchauffe, c’est le plus souvent pour faire éclater un orage.
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Les femmes galantes ne sont guère recherchées que par les hommes avides de plaisir. Elles le sont rarement par d’autres femmes, parce que les unes craignent leur réputation, et les autres, leur rivalité. En général, cependant, elles rencontrent, dans leur sexe, une tolérance qui est moins souvent une preuve d’indulgence qu’un aveu tacite de sa fragilité.
La conduite de quelques femmes ferait croire qu’elles ont pris un mari, comme elles prennent un éventail, pour donner plus d’aisance à leur maintien dans le monde, et, au besoin, |X)ur couvrir leur manège.
Entre certaines femmes que le monde honore, ou tout au moins tolère, et d’autres qu'il repousse avec mépris, la différence est dans le savoir-faire.
L’air de respect et de froide politesse d’un homme bien élevé, pour une femme qui vient d’être l’objet de ses vifs empressements, est loin de prouver qu’elle l’ail découragé par ses rigueurs. Ces artifices ne trompent guère que les maris. Un homme dont les prétentions ont été sérieusement repoussées, ou s’y obstine avec une ardeur sans mesure, ou se met, par une sage retraite, hors de la portée du dédain.
11 n’est pas adroit de se montrer très-clairvoyant avec les femmes, à moins que ce ne soit pour deviner ce qui leur plaît.
La galanterie surannée est ridicule dans I homme, et hideuse dans la femme. Quand ce défaut survit à la jeunesse, il