‹ Étude de l'hommeChapitre 61 sur 235 · CHAPITRE VI. .SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. .SI

vole au-devant de lui, et la pudique rougeur de son front trahit sa préférence.

Quel charme dans cette jeune beauté qui commence à entrevoir sa destinée! C’est une fleur qui s’ouvre aux rayons du soleil matinal, qui brille d’un doux éclat, qui enivre de sou parfum. Près d’elle, on est pénétré de plaisir, on comprend le bonheur.

"Enfin le moment arrive où les deux sexes s’unissent pour accomplir la loi mystérieuse de la reproduction des êtres. Parvenu à ce but marqué par le Créateur, l’amour tout sensuel s’éteint; l’amour épuré par les inspirations de l’àme se fortifie par la vertu.

Deux jeunes cœurs sont quelquefois attirés l’un vers l’autre par un sentiment si naïf et si chaste, qu’ils le prennent pour de l’amitié. Mais le moindre obstacle ou la moindre apparence de rivalité leur fait sentir que l’amitié n’était qu’un prétexte de l’amour.

Avec beaucoup de sensibilité et peu de raison, une femme est, au moins, romanesque. Avec un cœur sec et des sens ardents, un homme a tout ce qu’il faut pour être libertin.

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Le premier amour d’un cœur noble et tendre le transporte dans les cieux, fait taire les sens, devient un culte et s'effraye d’un désir comme d’une profanation. Ce sentiment si pur n’est ]K>urtant pas sans danger. I! énerve l’Ame, lui fait oublier le devoir, ef la livre tout entière à l’attrait' d’une voluptueuse indolence. Mais, un jour, les chimères s’évanouissent; et plus on

s’est élevé avec l'amour élhéré. plus on est exposé à descendre avec l’amour sensuel.

CAI! \CrfcliES DE l'amour VKRITAlil.E.

L’amour profond est grave et réservé. I! fuit les regards indiscrets. Heureux, il s’isole, pour éviler les distractions; malheureux, pour cacher ses tourments. H sent qu’il ne peut être compris par une âme indifférente, ni intéresser une âme dominée elle-même par une passion. L’amour vrai ne se confie pas; il se trahit. La taciturnité, l’abattement, les rêveries, l’ardeur du regard, l’émotion, l’embarras, tels sont les indices qui le révèlent. Quelquefois un incident imprévu le fait éclater; puis il cherche à donner le change, avec une affectation qui lui fait manquer son but. 11 n’y a de liberté d’esprit que dans l’indifférence ; et l’amour qui s’exprime le mieux est rarement le plus vrai.

Quelques âmes se laissent absorber par l’amour. La raison leur parle en vain ; une sorte de fatalité les entraîne. Souffrances, humiliations, résolutions, tout s’évanouit devant un seul regard de la personne aimée. Si l’on ne cherche, dans la piété, le remède à ce mal, on ne le trouvera plus que dans la satisfaction des sens, ou la révolte de l’amour-propre.

L’amour prouve sa force moins dans le plaisir que dans la douleur.

nature nu culte que nous vouons aux femme^.

On supposerait à tort un entier oubli de l’amoûr-propre dans l’espèce de culte que nous rendons aux femmes. Il est fa-

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