‹ Étude de l'hommeChapitre 69 sur 235 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Si l'homme pouvait retrancher de sa vie les heures d'ennui, d’attente et de douleur, il laisserait peu d’intervalle entre sa uaissance et sa mort.

Quand nous voyons disparaître pour toujours les êtres dont le suffrage et l’affection nous comblaient de bonheur , que toutes les choses de la terre ont peu de prix à nos yeux! Les richesses nous semblent méprisables, les arts futiles, et la gloire même une fantaisie ridicule. Nous songeons alors que tous les ouvrages des hommes doivent être successivement réduits en poudre sous les pieds du temps et dispersés par le vent de sa course. Nous songeons que cette vie est une ombre qui passe, et derrière laquelle s'étend l’éternité. Mais qu’est-ce que l’éternité pour l’homme? Est-ce la vie ou le néant? Oh! c’est la vie, ou je ne comprends pas Dieu! Quand le souffle de la mort aura dissipé cette ombre qui nous enveloppe encore, nous reverrous, je le sens, tous ceux que nous avons aimés dans ce monde.

À la vue d’un squelette humain, qui ne s’est dit : « Ces froids ossements ont renfermé le cœur, l’âme d’un homme; là étaient la vie, le sentiment, la pensée; en moins d'un siècle, cet homme est né, s’est développé, a régné sur la nature, a travaillé pour l’humanité: serait-il possible qu’il ne restât d’un être si grand que ce triste et hideux débris? »

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