CONNAISSANCE DK LA VÉRITÉ. — SCIENCE
Recevoir et transmettre à l’âme des impressions physiques, c’est l'attribution de nos sens; percevoir, comprendre, comparer et juger, c’est l’attribution de notre esprit.
L’intelligence humaine est à la fuis méditative et active. Elle observe, pour développer ses forces; elle agit, pour les utiliser. Nos premières idées sont sans doute éveillées par nos sensations; mais ces idées en font naître d’autres; et celles-ci , par un enchaînement naturel, remontent aux causes, et deviennent de pures abstractions. L’àme s’élève jusqu’aux notions de l’ordre et du beau, d’abord par la contemplation du monde physique, et ensuite par l’étude attentive du monde intellectuel et moral.
DE L'UOMME INTELLIGENT.
Plus l’homme agrandit et perfectionne son intelligence, plus il la soustrait à T empire du fait et la dispose à rechercher la loi. 11 dégage alors sa pensée des liens matériels et s’efforce de s’initier à celle de Dieu. Dans ce profond recueillement de l’âme, il semble que le corps ait cessé d’exister, et que l’intelligence, anticipant sur une autre vie, commence à pénétrer dans les régions célestes où aucun nuage n’offusque la vérité. C’est ainsi que Galilée, que Képler, que Newton découvrent chacun une partie du système du monde, que Laplace en décrit et en démontre les lois, et que le génie de Pascal prend son effrayant essor.
Les grandes intelligences aspirent sans cesse à des connaissances nouvelles ; mais plus elles en acquièrent, plus elles sentent que la vérité absolue, ou la connaissance de l’universalité des causes, des moyens et des fins, est inaccessible à l’esprit humain, et doit rester toujours le secret de Dieu. Pour lui, créateur de toutes choses, elle n’est que la conscience de lui-même. Pour l’homme c’est une idée spéculative, ou le pâle reflet d’une lumière placée au delà de son horizon. L’étude, qui peut la lui rendre sensible, est une utile et noble occupation. Gomme le feu, elle éclaire et purifie.
SfcNÎIMtXl DU BEAU MORAL OU INTELLECTUEL, PUISÉ DANS L'IDÉE DE LA PEHFECTIO» DIVINE.
Dans le calme des setts et dans le silence des passions, l’âme, vivement émue à l’aspect des beautés de la nature, s’élève à l’idée de la cause première. Tout ce qui est grand excite son admiration; tout ce qui est bien la touche. Revenue à ses tendances naturelles, elle comprend l’ordre moral; elle entend distinctement cette voix intérieure qui lui crie : « Dieu t’a faite à son image; garde-toi d’altérer son œuvre ! b Dans ces instants trop rares et trop courts d’exaltation sublime, l’esprit acquiert