CHAPITRE I
L’amour des sexes csl une vive ardeur des sens, tempérée et ennoblie par les chastes inspirations de l’àme.
Dans tous ces sentiments, le cœur est affecté par un objet présent; mais dans l’amour de Dieu, Pâme seule s’élève, par un élan sublime, aux notions purement abstraites d’une cause première qui réunit la toute-puissance, la justice, la bonté; et c’est à ces attributs qu’elle rend hommage. Admiration, gratitude, crainte et espérance, voilà l'amour de Dieu. Si quelques âmes privilégiées en éprouvent un plus ardent, c’est l’effet sans doute d'une révélation intime; c’est un commerce mystérieux entre elles et la Divinité; c’est l’amour des saints etdes martyrs; c’est la perfection de l’amour intellectuel.
Ilü SENT: MF. NT r.FI.IGIEIX F.T DE I.A PIIIEKE.
Le sentiment religieux est un mouvement instinctif de l’ànic vers son Créateur, l’aspiration d’un amour indéfini pour l’auteur de tout bien et de toute félicité, une soumission inspirée par la crainte, la douleur, le désir ou la reconnaissance. La prière est l’expression du sentiment religieux, et une humble invocation de l’âme au souverain Maître de sa destinée. L’immuable équité de Dieu n’exclut pas l’elTicacilé de la prière. L'homme ne peut obtenir par la prière ce qui répugne à la justice divine; mais il peut, par sa foi en la bonté du bienfaiteur, mériter de nouveaux bienfaits, et, par le repentir de ses fautes, en mériter le pardon. C’est déjà une grâce céleste que cette disposition d’un cœur rempli de coiffiance et d’amour. L’homme devient lion quand il prie avec ferveur.
Pendant ie plus violent tumulte des passions, ou lorsque des pensées dangereuses fermentent dans l’imagination, si l’àmc conserve assez de force pour implorer le secours de Dieu, elle se sent aussitôt calmée et rafraîchie; et les objets lui apparaissent sous un aspect tout à fait nouveau. Il semble que la prière,
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dissipant les nuages qui ont apporté la tempête, permette à la lumière divine de pénétrer au fond du cœur, et d’y ramener le jour avec la sérénité.
Qui n’a senti, au milieu des angoisses de la plus affreuse douleur, qu’un regard vers le ciel peut en faire descendre l’espérance ou la résignation? Si je vis, c’est que j’ai prié.
L’homme dont le cœur ne s’élève jamais à Dieu ressemble à ia brute qui marche la tète inclinée vers la terre.
Le sentiment inné du bien, même avec une raison éclairée, donne rarement aux âmes les plus fortes cet ascendant sur leurs passions que puisent, dans la religion, des âmes faibles vjct vulgaires.
Rien ne prouve mieux l’excellence des sentiments religieux que la conduite des personnes qui en sont dépourvues. La bonté du cœur, le désir de la perfection, la force de l’intelligence, le savoir même, ne les préservent pas des fautes devant lesquelles s’arrêtent celles qui puisent dans leur foi presque toutes leurs qualités et toute leur science.
L’homme est léger, imprévoyant. On a souvent raison de l’en blâmer. Mais, s'il songeait toujours aux dangers qui le menacent, aux maux dont il est a|Bigé, à la brièveté de la vie, à la ténuité du fil (pii l’y retient, il éprouverait un supplice continuel, et mourrait de la peur de mourir. Les sentiments religieux peuvent seuls le guérir à la fois de son insouciance et de sa faiblesse.
Dans ces paroles si simples : « Mon Dieu, que votre volonté