‹ Étude de l'hommeChapitre 78 sur 235 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'ennui est la rouille de l'âme. Il ne s'altarlie qu’aux intelligences incapables de se mouvoir.

DE L KSrKIT, KT DE l’iKFLUENCE DU CORPS SUR l'f.SPRIT

L’esprit est l’intelligence active.

11 existe une corrélation intime entre les dispositions du corps et celles de l’esprit : chaque âge en fournit la preuve. L’enfance est pétulante et irréfléchie; la jeunesse, ardente et téméraire; l’âge mûr, calme et prévoyant; la vieillesse, craintive et irrésolue, à moins que son goût pour l’immobilité ne la rende opiniâtre. Mais, indépendamment de cette influence régulière, il en est une autre qui varie suivant les nuances particulières de chaque organisation. Souvent, en effet, on rencontre, avec le besoin de mouvement physique, la vivacité et l’instabilité des idées; avec l’apathie du corps, l'apathie de l’esprit. C’est à une distance égale de ces deux extrêmes que se trouve la fermeté de l’intelligence. L’état de maladie |>eut encore modifier ces combinaisons, et faire de l’homme un être tout différent.

N’est-ce donc pas avec raison que l’âme s’indigne parfois des liens qui l’asservissent à la matière ? Au moment où l’intelligence répand ses plus vives clartés, si quelque dérangement survient dans les ressorts qui la font mouvoir, la pensée perd sa pénétration; un nuage semble l’offusquer, et tout ce qu’elle avait éclairé d’abord se couvre de ténèbres.

Dans les jours de santé, l’esprit est net et ferme; dans les jours de malaise, il est obscur et languissant. Cependant, chez les personnes habituellement souffrantes, il est moins dominé par les influences physiques, et il acquiert souvent une sensibilité passionnée qui en double l’activité. On croirait que l’âme se dispose déjà à briser ses liens.

m DE L’HOMME INTELLIGENT.

Une heureuse harmonie entre les facultés physiques et les facultés morales donne seule à l’homme cette énergie réglée qui est le type de la perfection.

Un jeune arb,re produit des fruits abondants, mais sans saveur; un arbre parvenu à tout son développement les donne peu nombreux, mais exquis. Tel est notre esprit.

SECTION lit.

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