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DE LA CONFIANCE EN SOI-MÈMK

La confiance en soi-mème est quelquefois une noble assurance que l’on puise dans le sentiment intime de sa propre valeur et dans la force de sa raison. Quand la confiance en soi naît d’un amonr-propre inconsidéré, elle prend le nom de présomption*.

Douter de soi, c’est perdre, dans l’hésitation, la moitié des ressources de son esprit, et souvent l’occasion d’employer le reste. On ne sait jamais ce que peut un homme timide, à moins qu’une impérieuse nécessité ne le contraigne à se montrer. L’homme qui se sent, au contraire, une confiance calme et le besoin d’agir, saisit le moment opportun, et met de son côté toutes les chances de succès.

On se laisse entraîner par les esprits téméraires ; on se délie des esprits timides ou modestes : les faits ne prouvent pas toujours qu’on ait raison.

On dit généralement que le mérite est modeste. La rc-

1 Voir le livre III, chapitre iv, section 3, § 1, •i" catégorie, 3* Vrétomplion.

marque est juste; mais il faut en bien comprendre le sens. Estce à dire qu’une grande intelligence et une science profonde disjjosent un bomme à se placer au-dessous des autres? Non ; car il peut apprécier leur valeur et la sienne. Mais plus il sait, mieux il voit combien il lui reste à apprendre. Or on songe peu à l’ignorance des autres quand on est préoccupé du désir de s’instruire; et la critique, cette expression souvent trop claire de la jalousie, n’entre guère dans les habitudes de celui qui n’a rien à craindre de la rivalité. La modestie du talent n’est donc réellement que la dignité de la lorce et la conscience des limites qu’il ne lui est pas donné de franchir.

Le défaut ordinaire des hautes intelligences est une tendance à la domination. Elles repoussent énergiquement les idées contraires à leur conviction, et s'efforcent d’imposer les leurs. Mais une grande expérience des hommes et des choses, le doute inséparable du plus profond savoir, et un sentiment d’ indulgence pour la faiblesse humaine, ôtent à la raison ce qu’elle a d’absolu dans scs exigences et d’inflexible dans son austérité.

Les hommes timides croient ce qu’ils craignent; les hommes hardis, ce qu’ils désirent; les hommes sensés, ce qui est vraisemblable.

LA MÉMOIRE ESI LE COMPLÉMENT NÉCESSAIRE DE l’iNTEI. LICENCE.

A côté de l'intelligence qui cherche cl qui trouve, est un auxiliaire indispensable qui recueille et conserve : c’est la mémoire.

La mémoire est la permanence, ou le réveil dos impressions de l’àme : c’est le lien des temps, des faits et des pensées, ou

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