IT. —— L'ABSENCE DE RECHUTES SPONTANÉES
Alors que dans d’autres paludismes transmis par mérozoïtes on peut observer des récidives après guérison de l'accès de première invasion (canari infecté avee P. relictum, singe rhesus avec P. cynomolgi, Homme avec P. vivax), le P. berghei ne provoque pas chez le rat de nouveaux accès après guérison. Les animaux, observés pendant des semaines, ne présentent jamais de rechutes parasitémiques comparables à la primo-infection, même sur un mode mineur.
Mais s’il n'y a pas de ces récidives importantes, on peut parfois déceler la présence dans la circulation de quelques rares parasites.
C'est ainsi qu'il arrive d'observer, dans les jours qui suivent, la présence éphémère d'un globule rouge parasité pour 1.000, 5.000 ou 10.000 hématies. Rapportant les faits observés dans notre laboratoire, P. GRELLET écrit qu'après guérison «il n’est pas rare de voir les jours suivants quelques hématozoaires isolés parfaitement constitués, à l'intérieur d’hématies éosinophiles ; ils finissent par disparaître à leur tour en quelques jours» [49]. Avec G. FaBrant, R. VARGUES, P. GRELIET et
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Mme A. VERAIN, nous avons rapporté que « fait fondamental, il n'y à pas de rechutes spontanées : nous n'en avons jamais observé, pas plus que les autres chercheurs. Toutefois dans les semaines qui suivent la guérison clinique on peut observer de façon épisodique quelques rares hématozoaires dans le sang, parasitémie très faible (de l'ordre de un globule rouge parasité pour 5.000 ou 10.000) et sans lendemain ; le sang peut rester encore infectant pour la souris pendant quelques semaines » [85]. A. CorraperTi suit quotidiennement 24 rats depuis la fin de l'attaque ‘primaire pendant des périodes variant de 28 à 205 jours ; chez 20 de ces animaux, il ne constate jamais sur lame la présence de parasites ; chez les 4 autres, un parasite est, certains jours, observé de façon sporadique et jamais après le 50° jour [18]. R.H. Bracxk soumet également à un examen journalier 25 rats; tous présentent quelques hématozoaires durant 1 à 5 jours dans un espace de temps de 6 à 22 jours après guérison de la primo-infection ; ces hématozoaires sont en faible nombre : «the great majority of recrudescences reached a parasite density of only one, two or three parasites per 50 fields » (un champ — 100 hématies) «but one rat (n° 161) showed a count of seven parazited red cells per 800 red cells » [4]. te
Et si la lecture au microscope d'un frottis ne décèle aucun parasite, la présence de celui-ci dans le sang est parfois démontrable en inoculant une souris avec le sang de cet, animal. C'est que, en effet, il peut y avoir une parasitémie trop faible pour être observée à l'examen d'un frottis : on peut admettre que Îes hématozoaires ne sont vus que s'ils atteignent la densité de 1 pour 5.000 ou au maximum 10.000 hématies. Aïnsi notre rat S 11, guéri de sa primo-infection depuis 5 jours el dans le sang duquel aucun hématozoaire n’est visible, infecte une souris auquel son sang est inoculé. G. RAFFAËLE et A. Baznr injectent à des souris du sang de 4 rats guéris de leur primoinfection ; «deux subinoculations pratiquées à 25 jours et 100 jours après l’inoculation donnèrent toutes deux des résultats positifs » : les deux autres, pratiquées 30 et 90 jours après l’inoculation, furent toutes deux négatives [58]. R. H. Brack constate le même pouvoir infectant, pour la souris, du sang de deux rats alors qu'aucune parasitémie n’est visible au microscope ; l’un d’eux sacrifié au 55° jour après la fin de la primoinfection possède du sang encore infectant pour la souris à la dose de 1/3 de cc ; l’autre rat sacrifié au 78 jour a un sang qui n’est pas infectant pour la souris à la dose de 1/3 de cc [4].
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Ainsi, il peut y avoir de façon épisodique, après la phase aiguë, pendant la période d'infection latente, de brèves apparitions de globules rouges parasités dans le sang, et cela pendant une période qui ne dépasse pas quelques semaines. Lorsque la présence d'hématozoaires n'est décelable que par subinoculation à la souris, on ne peut évidemment parler de rechute mais seulement de période latente ou «métacritique » (Edm. Serçenr). Lorsque les hématozoaires sont découverts par examen de frottis, ceux-ci sont en nombre si faible que cette parasitémie n’a rien de comparable avec celle de la primoinfection ; et bien que BLack, à partir de ces faits, conclue à l'existence de «recrudescences », terme qu’il emploie aussi pour désigner les rechutes à la suite de splénectomie, il ne semble pas que l’on puisse employer cette expression, car il n'y a là rien de commun avec le réveil du paludisme après malariathérapie chez l'Homme ni avec les rechutes observées après splénectomie. Aussi est-il bien vrai que : CII P. berghei, transmesso al ratto mediante inoculazione di sangue infetto, non produce recidive, ma l'infezione si estingue subito dopo la cessazione dell’attacco primario» [18].