La splénectomie chez l'animal hyperimmun
Les réinoeulations de doses massives de globules rouges parasités nous avaient permis de réaliser et de mettre en évidence un renforcement de l'immunité. Ces animaux devenaient «hyperimmuns ». La splénectomie de tels animaux (du moins pour ceux qui avaient reçu # ou 5 injections péritonéales massives) a mis en évidence un renforcement, chez eux, des facteurs immunologiques extra-spléniques. En effet, chez ces rats la splénectomie peut ne pas produire de réveil lorsque le laps de temps qui s’est écoulé entre la dernière réinoculation et la splénectomie est nettement inférieur à 20 jours, ou bien le réveil ne se produit qu'après un temps de latence de beaucoup supérieur à celui que l’on observe chez l’animal simplement immun.
Ainsi done, la splénectomie nous permet de mettre en évidence que, dans les facteurs de l’immunité acquise, la rate voit son rôle, quoique toujours important, diminuer d'importance à mesure que les jours s'écoulent et à mesure que l’immunité est renforcée par des réinoculations.
Paragraphe 11. — Les renseignements fournis par les réinoculations chez les animaux immunisés et splénectomisés.
La splénectomie met bien en évidence le rôle important joué par la rate dans la résistance aux réinoculations.
1. Injection périlonéale massive LE JOUR (ou le lendemain) de la splénectomie.
Alors que chez l'animal immun où hyperimmun l'injection massive de parasites ne donne qu'une faible et brève parasitémie, la même injection massive faite le jour même de la splénectomie ou le lendemain (done à un moment où la pari d'immunité acquise indépendante de la rate n'a pas eu le temps de diminuer) provoque une reprise de la parasitémie qui s'étalera en longueur. Sans doute l'allure de la courbe parasitémique sera assez variable : le maximum de la parasitémie pourra être atteint dans les 3 ou 4 premiers jours (et il pourra s'élever jusqu'à 40 p. 400, donc assez haut), phénomène expliqué vraisembhlablément par un fléchissement temporaire des facteurs de l'immunité acquise associé à une réceptivité spéciale du terrain (c’est-à-dire à une forte réticulocytose, en rapport probable aver l’'anémie provoquée par l'infection latente) ; la parasitémie chez
d'autres animaux pourra au contraire demeurer à un taux bas. Mais, quoi qu'il en soit, l'essentiel est que la courbe de parasitémie est entièrement différente à la fois de celle que l’on chserve chez l’immun réinoculé (fléchissement d’immunité) et de celle que l'on observe chez l'animal neuf splénectomisé et primoinfecté (existence d’une immunité acquise, indépendante de la rate).
2. Injection périlonéale massive chez l'animal splénectomis? LONGTEMPS avant la réinoculalion.
Chez un tel animal, on observe une certaine résistance à la surinfection. Certes on ne peut parler de résistance absolue comme chez certains hyperimmuns ou splénectomisés, mais c’est néanmoins une résistance réelle puisque :
— chez l'animal en état d'infection chronique : la réinoculation ne provoque pas de réascension parasitémique appréciable ;
— chez l'animal qui n’a pas présenté de réveil : la réinoculation ne donne, après parfois un sommet parasitémique assez élevé, qu'une infection chronique évoluant à bas bruit ;
— chez l’animal qui a guéri de la rechute par splénectomie : après une reprise de la parasitémie sur un mode mineur, on constate souvent à nouveau, quelques jours plus tard, une disparition microscopique des hématozoaires.
Ainsi est mis en évidence un pouvoir de résistance indépendant de la rate.
A. CoRRADETTI, de son côté, écrivait à propos d'animaux réinoculés après une splénectomie qui n’avait pas été suivie de rechute : «En l'absence de rate, la réinoculation détermine l'établissement d’une infection chronique avec positivité du sang périphérique jusqu'à 220-250 jours après la réinoculation : toutefois. le système réticuloendothélial des autres organes réussit à déterminer l'apparition d'une immunité acquise d'un degré suffisant quelquefois à vaincre l'infection, et au moins à empêcher que la réinoculation soit mortelle » 181. |
Paragraphe HI. — Les renseignements fournis par l'étude de la réliculocytose.
L'étude de la réticulocytose après splénectomie montre : -— le rôle du fléchissement du «terrain » : après spléneetomie l'infection ne devient forte que si la réticulocytose ‘est
forte ; de cette forte réticulocytose, les bartonelles sont souvent responsables :
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— la persistance d'une immunité, malgré la suppression de la rate, pendant de nombreux jours chez certains animaux : il s’agit de ces rats chez lesquels la réticulocytose est importante alors que la parasitémie reste faible, preuve de la persistance
d'une forte immunité acquise ;
— le rétablissement d'une immunité lorsque, - après unc rechute sévère où la parasitémie a suivi le taux de la réticulocytose, la parasitémie redescend et reste basse malgré la présence de réticulocytes non parasités.
Comme nous l’écrivions avec G. Fapranr et J. CLausse [39], l'augmentation de la réticulocytose sanguine explique pour une grande pari la réceptivité paradoxale que présente le Rat immunisé et splénectomisé : allure foudroyante de la rechute qui se produit après ablation de la rate, évolution d'une réinoculation massive qui aboutit à une parasitémie relativement élevée et durant plusieurs jours. Il y a dans ces cas baisse ou disparition temporaire de l'immunité acquise à cause de la splénectomie, mais il y à aussi une augmentation de la réceptivité naturelle par suile de l'élévation de la réticulocytose. Cette augmentation du nombre des réticulocytes sanguins est due à plusieurs causes : l'existence avant la splénectomie d’une réticulocytose élevée qu'entretient souvent l'infection latente, l'action d’une bartonellose dont le réveil provoqué par l’ablation de la rate se produit plus tôt que celui du paludisme, et enfin l'exagération possible de l’activité érythroblastique de la moelle qui n'est plus freinée par la rate. La splénectomie provoque done un fléchissement simultané de l’immunité acquise et de l’immunité naturelle, mais, pour cette dernière, par un mécanisme différent : l’exalitation de la réticulocytose (réveil d’une .bartonellose latente, suppression de l'inhibition médullaire). C'est ainsi que l’on peut comprendre que, malgré l’immunité acquise, le Rat guéri d’une infection première présente une réceptivité que ne raontre pas au même degré le Rat neuf, car chez ce dernier
aucun paludisme latent n'entretient une plus grande activité
médullaire.
Paragraphe IV. — Les renseignements fournis par l'infection chronique.
Enfin un caractère tout à fait particulier à l’infection postsplénectomie est l'infection chronique. On ne la rencontre que chez l'animal splénectomisé, jamais dans d’autres circonstances.