‹ Etude de l'Immunité dans le Paludisme Expérimental du Rat BlancChapitre 47 sur 81 · LE TR · texte numérisé non relu

LE TR

Elle indique les limites, en quelque sorte la faiblesse de l’immunité lorsque la rate est absente. Capable de maintenir la parasitémie à un degré très bas, l'organisme éprouve les plus grandes difficultés, sans l'intervention de la rate, non seulement à détruire entièrement les hématozoaires présents mais à les conserver en un état de latence tel que le microscope ne puisse les déceler.

Elle correspond à l'infection chronique ou «developed » que décrivent les paludologues anglo-saxons dans l’évolution générale des infections palustres ; mais il s'agit alors d’une infection chronique conséeutive à la phase aiguë de primo-infection chez l'animal ou l'Homme normal, et non pas splénectomisé.

En conclusion :

Alors que l’immunité ne peut s'acquérir en l'absence de la rate, elle peut persister sans cet organe. La présence de la rate est de nécessité absolue au cours de la primo-infeetion ; elle ne présente plus qu'une valeur relative ensuite.

Les splénectomies, effectuées dans les diverses conditions que nous avons indiquées, permet de suivre la constitution progressive de cette immunité «extra-splénique ». Elles semblent montrer qu'après guérison parasitémique de la primo-infection il faut un temps de trois semaines pour que l’immunité soit entièrement constituée, c'est-à-dire de façon telle que la splénectomie ne provoque plus de rechutes mortelles.

Peut-on affirmer la guérison d’un animal après rechute provoquée par splénectomie ? Guérison d’une parasitémie constatable au microscope : certainement. Guérison d'une parasitémie subpatente ou guérison absolue : on ne peut l’affirmer, car il aurait fallu faire des inoculatioñs répétées à la Souris.

RÔLE DES SURRÉNALES

Paragraphe I. — Les expériences de surrénalectomie.

L'étude du rôle des glandes surrénales dans la conservation de l’immunité acquise est à peine ébauchée. Une publication de G. Fagran, M. A. 1720 et P. GRELLET mettait pour la première fois en évidence un aspect nouveau : la possibilité de rechute,

après ablation des surrénales, chez des animaux dont la parasitémie n'avait pas été réveillée par l'action de la splénectomie. Ce qui montrait que la splénectomie seule n’est pas un test suffisant pour juger de la disparition totale de l'hématozoaire [34]

Nous rapportons ici les résultats obtenus par surrénalectomie chez 13 animaux immuns.

Le réveil de l'infection par surrénalectomie a été observé dans trois circonstances :

-— Rats immuns non splénectomisés.

— Rats immuns splénectomisés, mais n'ayant pas eu de réveil.

— Rats immuns ayant eu une infection aiguë après spiénectomie et en ayant guéri.

a) Rats immuns non splénectomisés.

La surrénalectomie, chez trois rats immuns ou hyperimmuns depuis peu de temps, a provoqué une fois la reprise de la parasitémie.

Le premier, primo-infecté en janvier, réinoculé en mars, est surrénalectomisé en avril : la mort survient en T7 jours sans réveil.

Le second est surrénalectomisé une semaine après la fin de sa primo-infeetion ; après 48 heures, présence de plasmodies dans le sang : mort le troisième jour.

Le troisième rat (rat 33) a reçu une injection intrapéritonéale de renforcement 12 jours avant la surrénalectomie ; l’animal est maintenu en vie au moven d’acétate de désoxycorticostérone, à la dose de 1 mgr. par jour ; pas de réveil en 14 jours. On fait alors une splénectomie : réveil 8 jours après la splénectomie : la parasitémie monte en # jours à 50 p. 100 et l’animal meurt avee ce taux d'hématozoaires. Chez cet animal, la rechute

après ablation de la rate montre bien qu'il persistait des héma- tozoaires dans l'organisme et que la surrénalectomie à elle seule a eu une action insuffisante pour provoquer une reprise de la parasitémie.

La surrénaleetomie produit donc parfois un fléchissement de l’immunité, mais de façon inconstante, moins régulière que la splénectomie.

D'ailleurs l'épreuve d’immunité pratiquée chez un rat immun et surrénalectomisé ne montre pas le fléchissement de l’immunité que l'on observe après ablation de la rate.

LD

Rat 230, guéri de sa primo-infection. Une injection intrapéritonéale massive provoque une parasitémie pendant 48 heures, 6 jours après cette injection, on ôte les surrénales et, le lendemain de l’opération on injecte à nouveau dans le péritoine un inoculat riche en hématozoaires : le passage et le développement des parasites dure moins de 24 heures.

Chez ce rat 230, on à donc un tableau parasitémique entièrement différent de celui que l’on observait chez les animaux immuns qui recevaient une injection péritonéale massive le jour ou le lendemain de la splénectomie : alors l'infection s'étalait sur plusieurs jours. Le rat 230, privé de ses surrénales, réagit à la réinoculation comme n'importe quel animal immun non surrénalectomisé.

b) Rats immuns splénectomisés mais n'ayant pas présenté de réveil après splénectomie.

Sept animaux qui n'avaient pas présenté. de réveil après splénectomie ont été surrénalectomisés. Chez certains d'entre eux, on a prolongé la survie par injection quotidienne de D.0.C.A.: en effet, la surrénalectomie entraîne la mort du rat dans un délai essentiellement variable (de 2 à 10 jours), — et done parfois trop court pour juger de la possibilité d'un réveil —, si l’on n'injecte pas quoditiennement 1 mgr. d’acétate de désocycorticostérone.

Chez un seul de ces T7 rats il y eut réveil, réapparition des hématozoaires dans le sang.

Pas de réveil après surr. Réveil

Rats Jours de survie du rat après surr. Rat

c) Rats immuns ayant eu une infection aiguë après splénectomie et en ayant guéri.

1. La surrénalectomie peut réveiller une parasitémie disparue après rechute provoquée par splénectomie (1 animal).

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