III. — IMMUNITÉ CONGÉNITALE ET PROTECTION PASSIVE PAR LE LAIT
Afin de voir s’il existait une transmission de l’immunité de la mère à l'enfant, nous avons réalisé les expériences suivantes avec G. Fagranr et H. JAHIEr.
Première série d'expériences. Impaludation d'animaux nés de femelles immunisées et éprouvés un certain temps après la fin de l'allaitement.
17 rats, nés de femelles immunes (ées dernières avaient terminé leur primo-infection depuis un temps variable) ont été impaludés par voie intrapéritonéale. 9 étaient adultes (plus de 100 grammes) et 8 pesaient de 25 à 50 grammes.
La parasitémie a été la même chez ces 17 animaux que chez leurs témoins.
Deuxième série d'expériences. Impaludation, au cours de leur lactation, de rats nés de femelles immunisées.
L expérience porte sur 6 rats nouveau-nés, nourris par leurs mères qui avaient terminé leur primo-infection trois mois environ avant de mettre bas.
Petits de la femelle S 180 (jour 1 — lendemain de l'impaludation) :
Poids Parasitémie (GRP' p. 100 GR) aux jours : Na 4 6 CEA CAN KE EVANS er D Rat 1 20 g. DER T TUE 3 PA HE ISERE 0 TO Rat 2 20 g. + 0 0,5 1 uD AR LS USE DES 0 Rat 3 20 g. 0 0,05 0 3 15410 207: M0 IIS 90
Petits des femelles S 179 (n° 4 et B) et S 181 (n° 6) :
Poids Parasitémie (GRP p. 100 GR) aux jours : 1 3 6 8 10 12 13 14 15 16 Rat1 12 g: 00301 15 30: 25. 30 40 50 (] Ratt5 1 0 0,01 15 2,002 CRTC) 40 (0) Rat 6 18 g. 1 5 250020308060) (]
Dans d’auires paludismes, on a observé un certain degré d'immunité transmis passivement, à travers lé placenta, de Ia mère à l'enfant : la parasitémie peut rester basse pendant deux
mois chez les enfants nés de mères paludéennes (BarBer, CLARK) [91].
Dans nos quelques expériences, nous n'avons pas observé de phénomène qui puisse faire penser à l'existence d’une protection chez les rats nés de femelles immunes et qui avaient cessé d'être nourris par le lait maternel.
Par contre, le jeune rat nourri par sa mère immune peut être protégé (rats 1, 2, 3). II s’agit bien d’une protection dans notre expérience car, comme l’a montré H. GaLLiaRD, la proportion de mortalité est en raison inverse du poids de l'animal, et les expériences d’impaludation de rats d'un poids voisin de 20 gr. rapportées par P. GRELLET [49] indiquent une mortalité chez ceux-ci voisine de 100 p. 100.
Outre la guérison observée chez les petits rats 1, 2 et 3, la protection se manifestait chez eux aussi par le fait que leurs nombreux polychromatophiles n'étaient pas tous parasités et que l’on remarquait des formes de souffrance même au moment de l'ascension et du plateau maximum de la parasitémie. Les petits rats 4, 5, 6, au contraire, ont toujours montré un parasitisme de tous leurs polvchromatophiles et ne présentèrent presque à aucun moment de formes de souffrance en quantité appréciable.
On ne peut décider ce qui revient au facteur immunité congénitale et immunité transmise par le lait.
Des anticorps humoraux passent donc à travers le placenta eu dans le lait et protègent le Jeune rat, ou du moins permettent au jeune organisme de résister à l'infection pendant le temps suffisant pour acquérir une forte immunité.
Cette protection passive ne semble ni très forte ni très durable, puisqu'elle a été observée chez 3 rats nouveau-nés sur 6 et n'a pas été vue chez les animaux plus âgés déjà sevrés, ce qui est en accord avec le résultat de nos expériences de séroprotection.