‹ Etude de l'Immunité dans le Paludisme Expérimental du Rat BlancChapitre 53 sur 81 · IV. — INCIDENCES SUR L'IMMUNITÉ DE L'EMPLOI D'ANTIMALARIQUES · texte numérisé non relu

IV. — INCIDENCES SUR L'IMMUNITÉ DE L'EMPLOI D'ANTIMALARIQUES

Nous avons recherché l'influence, sur l’immunité, de l'emploi d’un schizonticide : la nivaquine (diéthylamino-# méthyl-1” butylamino-4 chloro-7 quinoléine), que nous devons à l'obligeance de la Société Parisienne d'Expansion Chimique.

a) Emploi de la nivaquine pendant le cours de la primo-infection. 5 animaux ont eu leur infection arrêtée par injection de nivaquine, alors que leur parasitémie était déjà élevée ; puis

l'on a étudié leur pouvoir de résistance aux réinfections, à des temps variables après ce traitement.

1. Réinoculation à dose modérée. Le rat 79 commence à recevoir de la nivaquine 17 jours après l’inoculation infectante, alors que sa parasitémie atteint 60 p. 100. Durant 3 jours de suite, on lui injecte quotidiennement 2 mgr. de nivaquine par voie sous-cutanée ; la parasitémie tombe à 20 p. 100 24 heures après la première injection, à 1 p. 100 après la deuxième, et à O p. 100 après la troisième. 23 jours après la fin du traitement, l'animal est éprouvé par une injection intrapéritonéale de un nullion de globules rouges parasités. On n'observe pas de reprise de la parasitémie.

2. Réinoculation à dose forie un mois après le traitement. Les animaux 314 et 317 présentent 9 jours après impaludation une parasitémie voisine de 5 p. 100. Ils reçoivent alors une injection unique de 5 mgr. de nivaquine sous-cutanée. Les hématozoaires cessent d'être visibles sur lames 3 jours après. Un mois plus tard, une injection intrapéritonéale de quantités importantes de globules rouges parasités provoque seulement le lendemain une très faible apparition d'hématozoaires : respectivement 8 ct à pour 20 champs.

5. Réinoculation à dose forte plusieurs mois après traitement. Le rat S76 (60 grammes), impaludé le 3 décembre, présente le 14 une parasitémie à 40 p. 100. Ce jour-là, il reçoit. par voie sous-cutanée, 10 mgr. de nivaquine. La parasilémie chute en 3 jours. Le 20 juin — soit 6 mois plus tard —— injection intrapéritonéale massive : réveil pendant 4 jours d’une parasitémie qui à son maximum (1,5 p. 100) le deuxième jour.

Le rat 94, adulte, impaludé le 6 avril, a 10 jours plus tard 8 p. 100 de globules rouges parasités dans son sang : pendant 5 jours consécutifs. on lui injecte, par voie sous-cutanée, 2 mgr. de nivaquine. Dès le lendemain de la deuxième injection de nivaquine, on ne décèle plus d’hématozoaires sur frottis sanguin. Eprouvé par une injection intrapéritonéale massive le T décembre (soit plus de 8 mois après), les parasites sont visibles dans le sang pendant 3 jours avec un taux maximum de 2 p. 100 de globules rouges parasités.

b) Emploi de la nivaquine après guérison de la primo-infection.

a) Influence du traitement à la nivaquine sur le réveil par Spléneclomie ou surrénalectomie. — 6 rats adultes. guéris de

leur accès de primo-infection, reçoivent pendant quatre jours consécutifs une dose quotidienne de 2 mer. de nivaquine par voie sous-cutanée. Puis on leur enlève à la fois la rate et les surrénales.

| Intervalle entre | Intervalle entre

fin primo-infec- dernière Rats tion et début injection de Evolution traitement nivaquine et

par nivaquine | splén. + surr.

177 2 jours 6 jours Pas de réveil en 6 jours 178 2 jours 6 jours Pas de réveil en 5 jours 179 5 jours 6 jours Pas de réveil en 5 jours 163 12 jours 1Mours Pas de réveil en 4 jours 164 12 jours 6 jours Pas de réveil en 7 jours 83 2 mois 7 jours Pas de réveil en 11 jours

b) Influence du traitement à la nivaquine sur la résistance aux surinfections. — Un lot de 8 rats, immuns, reçoivent pendant # jours par voie sous-cutanée 2 mgr. de nivaquine pour 100 grammes de poids. Ces animaux avaient fini leur accès aigu de primo-infection depuis 8 jours (408), 16 jours (L 68), 20 jours (L 74), 2 mois (386), 3 mois (L68, S 179, S 180, S 181).

Deux d'entre eux (408, 386) sont splénectomisés 18 jours après la cessation du traitement. Ils n'avaient pas présenté de réveil de leur parasitémie lorsqu'ils meurent 5 et 6 jours plus tard.

Trois autres reçoivent dans le péritoine une injection de globules rouges parasités (environ 300 millions) 26 jours après cessation du traitement. Les résultats obtenus ont été les Suivants :

Rats Parasitémie (GRP p. 100 GR) aux temps (les temps sont comptés à partir de la réinoculation)

12 h. 24 h. 2 j. xs 4 j S 165 0,2 0,2 0,03 0 0 L 71: 0,5 0,7 0,4 0 L 68 0,3 0,1 0,3 0,05 0

Trois autres reçoivent l'injection massive 43 jours après cessation du traitement. L'inoculat contenait environ 150 millions de globules rouges parasités.

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