‹ Etude de l'Immunité dans le Paludisme Expérimental du Rat BlancChapitre 74 sur 81 · Durée de l’immunilé et durée de l'infection · texte numérisé non relu

Durée de l’immunilé et durée de l'infection

La durée de la persistance du P. berghei dans l'organisme semble assez brève, d’après nos recherches et celles des auteurs qui ont étudié ce Plasmodium, plus brève que la durée de la résistance aux surinfections.

Cette brièveté de survie du P. berghei n’est pas en contra-

dietion avec ce que l'on observe dans les autres paludismes :

nous avons signalé plus haut combien la durée moyenne de la vie d'un parasite chez son hôte varie suivant l'espèce plasmodiale. De plus, cette brièveté de survie s'explique si l’on considère le haut degré d’immunité acquis d'emblée par le Rat au cours de sa primo-infection et l’absence de formes exo-érythrocytaires qui, insensibles aux facteurs d’immunité acquise, permettent la survie du parasite.

D'autre part, comme le fait remarquer Edm. SERGENT, il faut être très circonspect avant d'affirmer de façon certaine Ja disparition du parasite. Diseutant à propos de P. relictum des critères pour juger de la disparition totale de l'hématozoaire, Edm. SERGENT montre que le test le plus efficace — l'isodiagnostic par inoculation de 1/5 de la masse sanguine à un animal neuf — peut se montrer négatif plusieurs fois ct malgré tout se positiver à nouveau. « Plusieurs résultats négatifs cons- « tatés successivement pour un même oiseau ont été souvent

« démentis ultérieurement — jusqu’à quatre ans plus tard — par « le résultat positif d’une nouvelle épreuve ou bien par l'appa- « rition d'une rechute parasitaire » [70].

La stérilisation thérapeutique de l'organisme (nivaquine: qui laisse persister une résistance aux surinfections (résultats trouvés aussi par CocGEsHaALL et Marer chez P. knoiwlesi, avec

d’autres anti-malariques) laisse à penser cependant que, — dans

certains paludismes au moins, tel celui à P. berghei, — la résistance aux surinfections peut persister après disparition complète de l’hématozoaire. Nous n'avons cependant pas suffisamment précisé encore combien de temps persiste l’immunité après stérilisation thérapeutique du Rat. Et l'on peut simplement dire, à propos du P. berghei, ce que W.H. TarraFerRo écrivait à propos du paludisme en général, à savoir que l’immunité acquise

« dure généralement aussi longtemps que dure l'infection et « probablement un certain temps après » [76].

L'immunité de l’organisme vis-à-vis de P. berghei semble cependant assez particulière à ce paludisme, si l’on tient compte de ses rapports avec la durée de la parasitémie. En effet, dans

un paludisme comme celui dû à P. lophurae où la latence du parasite se produit très rapidement (et c'est le cas pour P. bergheb, l'immunité diminue rapidement avec le temps et TALIAFERRO sugeère que ceci est dù à la « latence précoce et à une cessa- « tion virtuelle d'antigène », tandis que l'augmentation progressive d'immunité que l’on constate avec P. gallinaceum serait due à «la constante absorption d'antigène provenant de la persistance d’un bas degré d'infection » [87]. Avec P. berghei, au contraire, l'immunité se maintient malgré la latence précoce et par conséquent la cessation de libération d'antigènes ou leur moindre libération.

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