ETUDE EXPÉRIMENTALE DE LA POLYPEPTIDÉMIE CHEZ LE CHIEN
Quels sont les principaux facteurs susceptibles de modifier le taux de la polypeptidémie et l'indice d’insuffisance de clivage ? Ils sont très nombreux, et leur nombre exprime l'importance de l'étude du métabolisme des polypeptides en physiopathologie. Parmi eux, certains règlent l’apport polypeptidique, telle l'assimilation qui casse les grosses molécules protidiques en plus petites : polypeptides, acides aminés et urée.
Les polypeptides peuvent-ils passer à travers la paroi intestinale ? ABDERHALDEN le nie : après dialyse du sérum, il ne peut mettre en évidence la présence de polypeptides dans le sérum normal.
Cette question pose, en réalité, le problème du rôle de l'intestin dans la résorption des matières protéiques.
La résorption des protides en nature n'est plus admise que dans certaines conditions très précises chez les animaux nouveau-nés, comme chez l'enfant, pendant les quelques jours qui suivent la naissance. On peut retrouver, dans ces cas, dans l’urine, des albumines alimentaires.
Chez l’homme, il n’y a que l'absorption massive des protéines capables de résister aux sucs gastriques et intestinaux qui puisse donner un passage dans le torrent circulatoire.
On admet actuellement que la dislocation des molécules protéiques est nécessaire et qu’elle s'opère complètement jusqu'à formation des amino-acides. Mais cette dislocation est-elle toujours complète et les élé-
ments intermédiaires, polypeptides entre autres, peuvent-ils traverser ?
ZUNZ, étudiant la question après d’autres auteurs, conclut que les processus qui se déroulent dans l’estomac et l’intestin, sont en réalité des plus complexes, et que les albumines subissent, avant leur résorption, une dissociation très profonde. Celle-ci paraissant indispensable pour réaliser le processus de synthèse ultérieure qui permet à chaque espèce animale de maintenir l’intégrité de constitution de ses molécules protidiques.
\WVOLFF admet chez le chien la possibilité de passage des protéoses digestives dans le sang au cours de la digestion d’un repas contenant beaucoup de matières protéiques.
KOTSCHNEFF observe chez le chien porteur d’une canule d’angiostomie, le passage d'azote polypeptidique dans la veine porte.
CRISTOL, HÉDON et PUECH constatent, après administration de peptones, la présence de polypeptides dans la veine porte et leur absence dans la veine cave.
On admet actuellement que le processus normal d’assimilation des protides est constitué d’abord par une désintégration en éléments simples et facilement diffusibles, et ensuite, par la synthèse des éléments plus complexes, mais en harmonie de constitution avec ceux du sujet. Les polypeptides sont peut-être, pour certains d’entre eux, assez simples et assez diffusibles pour passer parfois directement.
R. MARTENS observe, après administration de peptones, l'élévation notable du taux de la polypeptidémie dans la veine porte.
Polypeptides en mgr. d'azote pour cent :
Chien 34. — D gr. peptone par kgr.
Chien 28. — 0,75 gr. peptone par kgr.
Chien 34. AT EURO Set eue 6,34 Van Slyke
35 minutes après.... 10,52 Van Slyke
Chen 22 == tANenTE Pre re 1,37 Folin
35 minutes après.... 6,39 Folin
Nous avons repris cette expérience en utilisant la méthode de dosage du double azote. Nos dosages sont exprimés en milligrammes d'azote %,.
Un chien de 18 kgr. reçoit 2 gr. par kgr. de peptone.
Indice de cliv. ou N. polypept.
N.poly- N. total non
N.trichl. N.phosph. pept. protéique Sang jugulaire :
AVANT eee AO 136 110 0,44 1 heure après.. 274 189 85 0,51 Sang porte :
2 h. 1/2 après.. 383 290 93 0,24
Cette expérience est peu démonstrative et ne nous fait pas observer dans le sang porte une élévation du taux des polypeptides et si, pour établir un rapport proportionnel qui puisse nous fixer sur le taux de dilution du sérum, nous consultons notre indice de clivage, nous voyons que, somme toute, au contraire, le taux proportionnel des polypeptides est moins élevé dans la veine porte qu’il ne l'était dans la veine jugulaire avant l’expérience, Peut-être faut-il incriminer dans cette expérience le retard trop considérable apporté au prélèvement portal, pour expliquer l'absence d’élévation notable des polypeptides, puisque KOTSCHNEFF fait ses analyses vingt minutes et MARTENS quarante minutes après Ja prise de peptone. Après ces temps, du moins avec la peptone, l'absorption semble diminuer. Elle est, cependant, encore manifeste après deux heures.
Pros.
Chien 45. — Poids : 17,5 kgr.
Reçoit par la bouche 2 gr. de peptone par kg.
Indice N.trichl. N.phosph. N. polyp. de cliv.
Sang jugulaire :
ANAL Os dom ane » 246 ile 154 0,54 INNPADre eee 288 161 127 0,44
Sang porte :