‹ Étude de la chlorémie et choix des sérums artificiels dans les déshydratations de la première enfanceChapitre 10 sur 45 · UE · texte numérisé non relu

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poids et de l’æœdème; or se fondant sur le bilan des chlorures et le dosage du Chlore dans le sang total et dans les tissus, L. Blum et ses collaborateurs ont démontré l'existence d’une rétention chlorée sèche.

Par contre, alors que le sel ne paraissait nocif que par excès, l’on a établi l'existence d’une chloropénie au cours de certains états pathologiques qui sont dès lors améliorés par la chloruration. Celle-ci que l’on semblait redouter est maintenant « réhabilitée », principalement dans les occlusions intestinales hautes.

Parallèlement on a remarqué que l'élévation de l'urée sanguine observée dans ces états chloropéniques disparaissait avec la chloruration. C’est ce phénomène que Blum a vulgarisé sous le nom d’ Qazolémie par manque de sel ».

Ces données nouvelles expliqueraient-elles quelquesuns des points restés obscurs dans les cachexies des nourrissons ? Existerait-il tantôt une chloropénie ou tantôt une rétention chlorée qui rendrait compte des succès ou des échecs du sérum salé ? L’azotémie des athrepsiques dont le P° Nobécourt a établi la fréquence n’accompagnerait-elle pas une chloropénie et ne disparaîtrait-elle pas avec la chloruration ?

Nous exposerons ici les réponses que nous suggèrent les dosages du Chlore plasmatique et du Chlore globulaire pratiqués chez 21 nourrissons cachectiques. Nous rappellerons tout d’abord les principes du dosage du Chlore dans le sang, — puis ayant en vue le choix d’un sérum artificiel, nous étudierons les propriétés de quelques-uns d’entre eux à l'égard de la chlorémie ;

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— nous verrons ensuite les résultats des dosages chez nos malades, d’abord globalement pour donner une idée d'ensemble, puis en les classant par catégories et en relatant les effets de la réhydratation entreprise d’après leurs indications. Enfin, ayant examiné les rapports de la chlorémie avec la réserve alcaline et avec l’azotémie, et cherché le mécanisme des variations du Chlore, nous rechercherons si l'on peut choisir un sérum artificiel en l'absence d'examen du sang.

Avec MM. Ribadeau-Dumas, René Mathieu, Max Lévy et Mille Mignon, nous avons communiqué à la Société de Pédiatrie les premiers résultats de cette étude. C’est dire qu'ici nous sommes surtout l'interprète de nos collaborateurs et nous tenons à renouveler à notre Maître M. Ribadeau-Dumas l’expression de notre profonde reconnaissance pour l'honneur qu’il nous a fait en nous confiant cetravail, et à exprimer nos très vifs remerciements à M. R. Mathieu dont nous avons sans cesse mis à contribution l'expérience et |l’inépuisable obligeance, à Mme et M. Max Lévy, quinous firent bénéficier de leur compétence en chimie biologique, et à Mlle Mignon sans qui les dosages du Chlore eussent été pratiqués en nombre beaucoup moindre.

DE LA CHLORURÉMIE A LA CHLORÉMIE

1" étape : le bilan des chlorures

C'est au sujet des néphrites que les principales recherches sur le rôle du Chlorure de sodium en physiopathologie ont été effectuées. On sait comment les expériences de Widal sur les œdèmes des brightiques l'ont conduit à identifier la « chlorurémie » et la néphrite hydropigène. Sa méthode de travail consistait essentiellement à établir le bilan des chlorures en comparant les chlorures éliminés par les urines avec le sel ingéré dans l’alimentation.

Le P'Nobécourt (1) etses collaborateurs ont appliqué cette technique à l’étude du nourrisson et en ont obtenu une série de résultats intéressants. Ils ont établi que le nourrisson normal retient environ les deux tiers du sel que lui fournit l'alimentation; limportance de cette rétention va de pair avec celle de la fixation de l’eau dont on sait la part considérable dans la croissance pondérale. Tous les enfants n’ont d’ailleurs pas au

(1) Nosécourt et Virry. Influence de l’ingestion du NaCI sur le poids des nourrissons. Soc Pédiatrie, décembre 1903. Nosécourr et MarcLer. Chlorurémie et Azotémie chez les nourrissons. Le Nourrisson. 1913.

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. même degré cette aptitude à retenir le sel et l’eau; les prématurés la présentent au maximum, et l’adjonction à leur régime de petites doses de sel (de l’ordre de Î centigramme par 100 grammes de poids) élève manifestement la courbe de poids. Cette faculté particulière coincide d’ailleurs avecla relative fréquence des œdèmes dans cette catégorie d'enfants. Par contre, l’administra- -tion de sel aux athrepsiques reste sans influence sur leur poids.

Ces constatations expliquent que le poids des cholériques augmente rapidement quand on substitue à l’eau pure le bouilion de légumes salé, et que des œdèmes puissent survenir à la suite de cette alimentation ou après des injections de sérum salé. L'on comprend aussi que la rétention hydro-saline masque la perte du poids dans l’athrepsie floride de M. Barbier (1).

Telles sont sommairement indiquées les connaissances apportées en pédiatrie par la méthode des bilans et la notion de « chlorurémie ». Les acquisitions les plus récentes ne les ont pas modifiées.

2e étape : le Chlore du sang (2)

A. Notions physiologiques.

Le dosage direct du Chlore dans le sang a permis depuis quelques années de reprendre chez ladulte

(1) Société Pédiatrie, novembre 1912.

(2) Pour cet exposé qui se borne à rappeler des faits déjà connus nous avons consulté, outre les nombreusescommunications faites depuis cinq

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l'étude du Chlore par de nouvelles méthodes. Avant d'exposer les résultats qu’elles nous ont donnés chez le nourrisson, il importe de rappeler leurs fondements. Tout d’abord, on a reconnu que parler de « chlorurémie » était un abus de langage et qui a conduit à une erreur. Ceterme, au sens d'augmentation des chlorures du sang, impliquait en lui-même une hypothèse,puisque le sang, des malades étudiés n’avait pu être examiné à ce point de vue. Cela est si vrai que MM. Acbard, Ribot et Feuillié (1) ont observé des cas de «rétention chlorurée hypochlorémique » et ils demandent que l’on rejette Le terme «chlorurémie » au sens d'augmentation des chlorures et que l’on dise chlorémie, hyperchlorémie ou hypochlorémie.

D'autre part quand on « dose les chlorures » d’un liquide, c’est en réalité le Chlore seul que l’on dose et quand on l’exprime en NaCI on suppose que le Chiore

ans à la Société de Biologie ou à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris par MM. Achard, Ambard, H. Bénard, E. Bernard, L Blum, Laudat, Lemierre, Rathery, H. Thiers et ieurs collaborateurs, les ouvrages suivants : Congrès de Médecine,1925. Rapports sur l'Acidose. - AcHaARD : Troubles des échanges nutritifs, Masson 1926. — AmBarp et ScaMipr. La Réserve alcaline, Doin, 1928 — Bénarp, LENORMAND et MERKLEN : Chlore sanguin el acidose rénale, Bulletin Médical,29 mars 1930. CHaBanier, Leserr et LoBo-ONeLc : Physiopathologie et traitement du diabète sucré, Masson, 1929. — Corrazini : Le chlore du sang dans les néphrites, Thèse Lyon,1929.—J. LenormanD : Contrib. à l’étude de l’acidose rénale, Thèse Paris, 1929. — Rarnery : Les maladies des reins et leur traitement, étude de quelques syndromes, Baillière, 1930. — H. Trers, Le chlore du sang dans les néphrites, Journal de Médecine de Lyon, 20 avril 1929 ; Bull. de la Société de Chimie Biologique,juin 1929 ; Clinique et laboratoire, janvier 1930. — Van CauLraErT : La rétention chlorurée sèche, Thèse, Strasbourg, 1925.

(1) Semaine Médicale, 27 août 1913 et Société Biologie, 1913.

est entièrement combiné au Sodium Mais on ne pensé pas que les ions peuvent être dissociés ou autrement combinés : C’est ainsi que le terme « Chlorurémie » a jadis trahi Ambard quandila décrit la « rétention chlorurée sèche » (1) et c’est lui-même qui le remarque en parlant aujourd’hui de « rétention chlorée sèche » (2) où il suppose l'ion CI— fixé sur les protéines. On peut d’ailleurs constater, comme l’a vu L. Blum, une dissociation entre la « Chlorémie » et la « Natrémie ». Au terme de chlorurémie, il faut donc substituer en connaissance de cause celui de « Chlorémie ».

Mais le Chlore du sang doit être étudié dans des con: ditions particulières. Quand on pratique un dosage dans le sang, on pense aussitôt à celui qui estle plus souvent exécuté : le dosage de l’urée et on tend à considérer implicitement que la composition du sang indique exactement celle des tissus. Cela est vrai quand il s’agit de l’urée, substance éminemment diffusible qui se trouve pratiquement au même taux dans le sang total, dans le sérum et dans les tissus. Mais il en va tout différemment avec le Chlore et ce point est essentiel : sa concentration est différente dans le sérum, dans le sang total et dans les différents tissus ; les variations ne S’ÿ font pas toujours dans le même sens, puisque M. Achard trouvait-une hypochlorémie dans un cas de rétention chlorurée certaine.

(1) Thèse, Paris 1905. — AmBarp et Beauyarp : Semaine Médicale, 1905, p. 133. É |

(2) Annales des Maladies des Roins,1925. — Journal Médical Français, décembre 1925.

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