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l'avaient signalée ; M. Feuillé (1) a renouvelé ces expériences en 1918: il a constaté que les chiens à qui il injectait du sérum salé urinaient des bicarbonales: il se produirait un « dédoublement ionique du NaCI » lion Na serait éliminé sous forme de bicarbonates, l’ion CI resterait dans l’organisme. De fait quand on donne aux nourrissons du chlorure de calcium (2) ou du sel en quantité suffisante (3), on constate que la R. A. diminue, que le Cl augmente et que le pH tend à s’abaisser. Courtney et Fales (4) ont vu qu’une injection de 240 ce. de sérum salé faisait passer le Cldu plasma (calculé en NaCID) de 5,76 à 5,83 chez un nourrisson, de 4,83 à 5,39 chez un autre.
En somme, bicarbonaturie, diminution de la réserve alcaline, élévation du chlore plasmatique, telles sont Les conséquences de la chloruration.
Ambard les explique ainsi: l’augmentation de NaCI dans le sang détermine au contact de CO* H”, la formation: d’une part, de bicarbonate de soude, qui augmente la réserve alcaline; et d'autre part, de HCI quise fixe sur les albumines des tissus, en particulier sur le bulbe; à ce niveau la surcharge d'HCI excite le centre respiratoire ; par suite, la « ventilation alvéolaire » augmente, ce qui diminue le CO? alvéolaire, et naturellement le CO? du sang. Pour rester en équilibre avec
(4) De l'opportunité des injections de sérums artificiels, (Soc. Biol., 49 octobre 1918, et S. M. H. 19%.
(2) Cam8ee, Ross et Tispazz. — A. J. D. C , 1928. t. J, p. 455.
(3) ScHonTHaL. — Zeitch. f. Kinder ,1928 ; A. J. D, C. 1929, t. II.
(A) AT DEC. IL p.202
to celui-ci, c’est-à-dire pour maintenir la constance du pH
; ; ; H 4e (qui est fonction de la relation }sles bicarbona-
COS Na CO tes doivent êtreéliminés etils’ensuitune bicarbonaturie.
Quelle que soit la pathogénie des phénomènes si complexes qui suivent la simple administration du sel, un fait existe: la tendance à l’acidose, l'augmentation des chlorures du sang. On l’ignore généralement quand on prescrit des « piqûres d’eau de mer » ou de sérum salé. Mais on comprend que la chloruration, si discrète soitelle, puisse n'être pas inoffensive dans les états d’acidose qui se rencontreraient si souvent dans les diarrhées aiguës, les « intoxications » et autres maladies graves de la première enfance.
IH. — Sérum glucosé
Les inconvénients du sérum salé: fièvre et œdèmes, ont déterminé beaucoup de pédiatres à lui préférer le sérum glucosé. D'ailleurs depuis que l’on connaît les effets hydropigènes du sel, médecins et chirurgiens en général tendent à remplacer le sérum chloruré par le sérum glucosé.
Ses propriétés diurétiques, nutritives, leucogènes, ont conduit à en répandre l'emploi. Il présente cependant quelques imperfections. La principale serait d’être parfois résorbé par le tissu cellulaire plus lentement que le sérum salé (1) et cependant « la fixalion de l’eau est loin
(1) Risaneau-Duuas et Mile Tisseranp. — Recherches sur la résorption
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-d'être constante et les différents éléments du sérum, la glycose en particulier, se retrouvent très rapidement dans l'urine (1) ».
Aussi a-t-on pensé à y adjoindre des injections d’insuline dont l’action hydratante paraît remarquable: au cours du traitement antidiabétique les æœdèmes ne sont pas rares et l’on enregistre souvent une rapide augmentation de poids qui paraît due à une rétention aqueuse. La dilution du sang est fréquente puisque Widal, Abrami, Weill et Laudat (2) la rencontrent 15 fois sur 19. Sans doute indique-t-elle une saturation des tissus par l’eau. Chez les nourrissons, Walter Block (3) a étu- -dié avec précision l'élimination de l’eau après injections d'insuline et de sérum giucosé ; il constate que le passage de l’eau dans l'organisme est ralenti et que l’évacuation par les urines à son maximum retardé et sa durée prolongée.
Il semble donc satisfaisant d'ajouter au sérum glucosé de petites doses d'insuline, en proportion déterminée (4 unité par gramme de sucre), à condition qu’elles soient administrées en même temps que lui, et qu'il s'agisse d’une insuline lentement résorbable : les insu- : lines incomplètement purifiées donnent à cet égard une plus grande sécurité.
des sérums chez les nourrissons. Le Nourrisson, mars 1926. Dans notre obs. XXI, le sérum glucosé était résorbé beaucoup plus lentement que le sérum bicarbonaté.
(4) Risapeau-Dumas et Fouer. — Remarques sur la physiologie pathologique du- choléra infantile et les méthodes de réhydratation fJourn. de Méd. et Chirurgie pratiques, 10 février 1926.
(2) Presse Méd., 5 juillet 1924.
(3) Zeitzch: f. Kind., 1927, t. XLIX, p. 204.
nes
L'action du sérum glucosé sur l'équilibre acide-basé et sur la répartition du chlore doit être envisagée. Selon Feuillié, les injections de sérum glucosé produiraient une alcalinisation des urines etune élimination des bicar-. bonates, comme le sérum salé, mais à un moindre degré. Chez le nourrisson, Scheer (1) a observé qu'après une injection de 100 ce. de solution glycosée isotonique, le Chlore du plasma diminuait, en l’absence de toute hydrémie.
Quant à l’insuline, on peut étudier son action sur le protocole des expériences (2) entreprises sur le lapin par M. Chabanier et ses collaborateurs en vue de rechercher si la répartition du Chlore était modifiée dans les convulsions de l’hypoglycémie insulinique. Quand une forte dose d’insuline détermine des convulsions chez le lapin à jeun, il existe non seulement une diminution des deux-tiers de la glycémie, mais encore un abaissement de la réserve alcaline, et une élévation du rapport chloré par augmentation du CI globulaire et diminution du CI plasmatique. Par contre, chez les lapins à jeun qui, recevant des doses moins fortes n’ont pas de convulsions, le Cl globulaire diminue isolément, ce qui abaisse le rapport chlorémique. |
Ces dosages concordent avec les expériences de Schau, Kuany, Lin et Kruger (3) selon qui de petites doses d’insuline produisent une courte élévation du pH, de grosses doses, une augmentation passagère suivie rapidement
(4) Jahrb. f. Kind., 1921, t. XCIV, p. 2%.
(2) Op. cit., p. 299.
(3) Cités par Baar, voir note suivante.
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d’une diminution notable. Il nous semble qu’une de nos observations confirme cette donnée: après traitement par le sérum glucosé et l'insuline on trouve une diminution du Chlore globulaire et du rapport CI GR/CI P. (obs. XX). :
Au passif de l'insuline, il faut signaler qae, selon Baar (1), elle déterminerait chez le nourrisson atteintde tétanie latente, et malgré tout ce qu’on fait pour éviter l'hypoglycémie, une augmentation de l’excitabilité galvanique et éventuellement des symptômes manifestes de tétanie. Cette action serait indépendante d’une hypocalcémie ou de l'alcalose, qui n’est que passagère et peu importante. L'auteur la rattacherait à une modification de la teneur en eau de l'organisme.
Ainsi le sérum glucosé avec insuline tendrait à diminuer le Chlore globulaire, le rapport chloré et le pH du sang, mais à un degré assez minime.