‹ Étude de la chlorémie et choix des sérums artificiels dans les déshydratations de la première enfanceChapitre 29 sur 45 · LE DD · texte numérisé non relu

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ont trouvé constamment une réduction considérable de celui-ci avec une élévation de la R. A. et de l’urée (en moyenne de 0,40 à 0,50). Dans le pylorospasme et dans les « vomissements graves » sans sténose, Schiff, d’une part, Hartmann de l’autre et leurs collaborateurs, ont trouvé une formule semblable.

En l'absence de dosage du CI globulaire, l’on ne peut que faire des réserves sur la valeur de cette chloropénie plasmatique. Mais sans doute la multiplicité des causes de vomissements pourrait-elle expliquer les différences trouvées ; on sait (1) que la sécrétion chlorhydrique diminue beaucoup chez les nourrissons infectés et les vomissements n’éliminent que peu ou pas de Chlore. Nos trois malades en état de rétention chlorée étaient subinfectés ; chez le quatrième, bien que la cause de ses vomissements n’ait pu être précisée, même à l’autopsie,. il ne semblait pas exister d'infection en cours. Y

En résumé, si dans les sténoses on rencontre selon les travaux récents, une diminution de la chlorémie plasmatique, les vomissements sans sténose ne s’accompagnent pas régulièrement d’une élimination de Chlore. L’âge plus avancé de l'enfant, l'absence d'infection concomitante, l'importance des vomissements, semblent les conditions de la perte de. Chlore. Mais ce ne sont que des critères relatifs et seul le dosage du Chlore du sang (en y comprenant le Chiore globulaire) ou peut-

M) Marriott, Mc. Kin et Davipson. — The acidity of the gastric contents in infants, 4. J. D. C., t. XXVI, décembre 1923, p. 542.

être celui de l’HCI des vomissements, permet d’apprécier s’il y a ou non chloropénie. En l’absence de ces renseignements, c’est courir un risque sérieux que d’administrer des solutions salées à ces malades.

IT - Les cachexies des infections graves

La plupart des malades que nous venons d'étudier souffraient d’une infection sérieuse : On a pu voir qu’une otite ou une rhino-bronchite paraissait jouer un rôle important dans l’arrêt de la croissance ou la production de vomissements graves et souvent rebelles à toute thérapeutique. Dans les cas suivants de graves troubles de la nutrition se sont installés au cours d’une infection grave.

D'une part, nous avons suivi des enfants atteints d’une infection qui évolue par poussées successives greffant sur le fonds de dénutrition chronique des épisodes de déshydratation aiguë.

D'autre part, nous avons observé au cours d'infections aiguës des pertes de poids rapides, plus ou moins intenses, évoquant la « toxicose », ou l« exsiccose », des

auteurs germaniques.

A) Cachexie des infections à poussées successives.

Une infection qui paraît bénigne atteint d’abord lenfant: rhinite, bronchite, pyodermite ou vulvite apparaissent avec une fièvre légère ; la courbe de poids cesse de monter, reste stationnaire, oscille irrégulièrement

ous

ou descend un peu. La température redevient-elle normale, le poids remonte. Ainsi surviennent deux ou trois épisodes peu graves en eux-mêmes, mais à la suite desquels l’enfant est hypothrophique, avec une fonte plus ou moins marquée du pannicule adipeux sous-cutané, et un poids inférieur à celui de son àge. Des troubles digestifs se sont installés : l'anorexie rend l’alimentation pénible, les biberons sont absorbés très lentement et jamais complètement, des régurgitations ou des vomissements réduisent encore les quantités ingérées. Les selles sont liquides, muco-grumeleuses, mais parfois une alimentation appropriée les rend satisfaisantes sans que la courbe pondérale soit modifiée. De cet état, l'infection n’estsouvent pas la seule responsable etelle vient compliquer une débilité congénitale, une hérédo-syphilis ou une hypotrophie par sous-alimentation.

Au cours de cet état © marastique », survient une recrudescence de l'infection, sous forme par exemple d'otite avec rétention de pus, de congestion pulmonaire, ou de broncho-pneumonie. La température s’élève et de ce moment le poids diminue très rapidement: la courbe pondérale marque une chute presque verticale atteignant 2 ou 300 grammes en quelques jours, cependant que les troubles digestifs s’'accentuent: il devient souvent impossible de nourrir l’enfant, l'on est obligé de recourir aux gavages et encore dés vomissements rejeltent-ils parfois la majeure partie des aliments. En quelques jours, l’aspect général de l'enfant se modifie profondément: le teint est pâle et plombé, le crâne gris ; tantôt l'enfant inerte et chnubilé paraît dans le coma,

Pa, VE

tantôt au contraire il s’agite avec inquiétude, émettant parfois un eri plaintif qui semble appeler de l’aide. Les membres sont flasques ou au contraire hypertoniques.

Le syndrome de déshydratation est toujours accusé par la dépression de la fontanelle, le chevauchement des os du crâne, l’excavation des orbites, la persistance du pli cutané qui, jointe à la disparition du pannicule adipeux, permet de rider la peau de l’abdomen en plis très minces qui s’effacent avec lenteur. Les-urines sont rares. La respiration est presque toujours fréquente, mais il faut compter avec les foyers d'infection pulmonaire que des signes d’auscultation discrets sont souvent seuls à révéler. Nous n'avons pas trouvé de «respiration profonde », de rythme de Kussmaül chez les enfants dont le sang a été examiné.

L'enfant ne meurt pas toujours: si l'épisode infectieux s’attéñnue, la perte de poids s'arrête et la croissance reprend lentement. Mais souvent les reprises de l'infection ou déterminent de nouvelles chutes pondérales auxquelles l’enfant finit par succomber ou emportent le malade en peu de jours dans un dernier paroxysme qui peut élever la températureau-dessus de 419.

Telle est l’histoire du plus grand nombre des malades que nous avons observés. Le premier examen du sang a généralement été pratiqué au moment d’une grave perte de poids qui rendait nécessaire une réhydratation rapide et l’état humoral pouvait renseigner sur le sérum artificiel qu’il fallait utiliser, puisque l'enfant ne pouvait tolérer ni boissons abondantes ni goutte à goutte rectal.

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