DEUXIÈME GROUPE
b) Les deux cas qu’il reste maintenant à examiner ne doivent guère modifier cette conclusion ; mais sien clinique ils ne sedistinguent des précédents que par des nuances, ils présentent une formule sanguine caractérisée par une hyperchlorémie équilibrée ét une très forte hyperazotémie.
Le premier cas fut l’occasion d’un remarquable succès thérapeutique.
Obs. XX. — Car., Georges, 2 mois (P. N. 3250).
Hospitalisé depuis 3 semaines pour bronchite ef «dyspepsie du lait de vache », ilest resté subfébrile et son poids est stationnaire à 3975 gr., lorsque brusquement le 15 mars, il a 39°7 et perd 250 gr. en 24 heures ; un prélèvement fait dans le nez vient de donner des cultures de bacilles diphtériques, on injecte 40, puis 20 cc. de sérum antidiphtérique pendant 5 jours. Le 17 mars, apparaît une varicelle. L'enfant a repris un aspect satisfaisant, lorsque, le 21, il perd 175 gr. ct le 22, 175 gr. (poids 3400). Son état est alors quasi désespéré : très pâle, polypnéique, il s’agite et se plaint ; le crâne est gris violacé, les membres bypertoniques, le pouls
— 87 — b imperceptible, les signes de déshydratation très accusés, la
langue sèche; il vomitet les selles sont liquides, les urines $
RARES RIRES ere 19 at ET CT CE
Flars 1950 Avril L® : CT ET 3.87v ST 3.800 3.100 5.600 S000— QG 3.40 à 400 -RS= ÿ E 704 Serum ŸE 7 $ °v Y N Fjoue = $ = Ca Georga ze Ze 18 Dec.
très rares. L'examen du sang met en évidence une hyperchlorémie et une hyperazotémie :
CI plasmatique . . - . 3,88 Clélopulatre. 200 04,94 Rapport . RES ME 7e 0,50
liés nent nine rt 1
Comme l'hyperchlorémie ne s'accompagne pas d'élévation du rapport, on considère qu'elle peut être due à la conceptration du sang ; en tout cas, si le bicarbonate n'est pas nettement indiqué, le Ringer est contre-indiqué, et l'on injecte en 4 fois, 400 ce. de s. glucosé avec 16 unités d'insuloxyl. Le 23, le poids reprend 135 gr., on n'injecte que 200 ©c. et 12 unités.
Du 22 au 23, on a recueilli 27 cc. d'urine à une concentration uréique de 9,50 %, alors que dans ces conditions : diurèse aqueuse très réduite et hyperazotémie, la concentration doit être voisine de son taux limite qui est normalement de GE
Le 24, prise de 160 gr. On injecte 150 ce. de sérum et 10 unités ; on a recueilli 89 ce. d'urines. Le 25 et le 26, perte de 75 gr. en tout.
Le 26 :
Clplasmatiques ce 547 Cléopatre met 02 Râpportea Me res 2047 DEEP E Re 7
On injecte 100 cc. de la solution de Ringer.
Dans les jours suivants, l'enfant reperdit encore du poids, mais sans que l'aggravation de l'état général fût en rien comparable à celle de l'épisode précédent. Ces diverses chutes de poids reparurent à l'occasion d'accès fébriles et mirent en évidence une fragilité spéciale du sujet. Actuellement il est en excellent état. Le 4 mai, il pèse 4300 gr.
Le point remarquable de cette observation est la rapidité avec laquelle l'enfant, non seulement reprit du poids, mais encore élimina l’excès de son urée sanguine et rétablit sa diurèse fortement diminuée avec un abaissement considérable de sa concentration maxima.
L'observation suivante relate une histoire analogue : déshydratation suraiguë survenue chez un enfant en bonne santé à la suite d’une otite purulente aiguë ; mais les eflorts de thérapeutiques furent inutiles et à l’autopsie, on trouvait, avec une congestion intense de l’encéphale et une dilatation considérable de ses veines, une hémorragie méningée péri-bulbaire.
Obs. XXI. — Grav. Louis, (1 mois), était hospitalisé depuis dix jours pour être sevré, son état était excellent et sa croissance satisfaisante. Tout d’un coup, le 12 mai, la T° monte à 3907, le poids tombe de 3850 à 3500 gr. ; une otite purulente est apparue ; l'enfant vomit, a des selles fréquentes et liquides, le crâne est violacé.Traitement : 200 ce. de sérum glucosé et 4 unités d'insuloxyl. |
Le 13 mai, perte de 250 gr. L'état s'aggrave, la déshydratation s'’accus ; le crâne est de plus en plus violet,le sérum injecté la veille n'est pas résorbé. (Temps de résorption de la boule d'ædème : 6 minutes pour les sérums salé et bicarbonaté ; 26 minutes pour le sérum glucosé). Il vomit l’eau sucrée beaucoup plus que les autres boissons qu'on lui donne. Examen du sang :
Clplasmatique. . . .° 4,46 Chelobpulairems0272,:02;,30 ADO ES ae 2e 2 0,01 Hire rune "2,60
Ponction lombaire (liquide un peu sanglant, accident pro. bable de ponction, écoulement rapide) : CI : 4,52.
Diurèse : 30 cc. en 24 heures; concentration uréique : 10 */00
Malgré tout traitement, l'enfant continue à perdre du poids, sa fontanelle s’excave de jour en jour, il meurt enfin le 16 mai, ayant perdu 900 gr. en 5 jours.
Autopsie : Viscères thoraciques et abdominaux normaux, à l'exception du foie qui est pâle et gras. Encéphale : dilatation considérable de toutes les veines, thromboses sans rapport apparent avec l'otite ; hématome autour du bulbe.
La pathogénie de ce fait reste tout à fait obscure. Il met en évidence l'importance dés phénomènes encéphaliques dans la pathologie du nourrisson, mais la filiation exacte des événements et le déterminisme de la déshydratation sont difficiles à élucider.
Quoi qu'ilen soit, ces deux observations se distinguent des précédentes par deux points : l'importance de l’hyperazotémie et la conservation d’un rapport Cl globulaire / CI plasmatique normal. Cliniquement la perte de poids paraît particulièrement brusque et considérable ; les réactions nerveusessont marquées : agités et non pas somnolents, les enfants crient et se plaignent sans cesse, les membres sont hypertoniques. Est-ce parce que la participation dusystème nerveux est prédominante ? Il est difficile de l’assurer. Il y a là en tout cas un type qui se distingue plus facilement par ses modifications humorales que par ses caractères cliniques. >
On peut résumer en quelques mots les conclusions de cette longue analyse : L'étude de la chlorémie nous a permis de-montrer la fréquence extrême de la rétention chlorée dans les cachexies de la première enfance. Des indications thérapeutiques en résultent : quand il
an) (2
faut réhydrater par des sérums artificiels ces petits malades, c’est le sérum salé qui est le plus rarement indiqué. En particulier dans les cachexies déterminées par des infections à épisodes successifs, il existe toujours un déséquilibre de la répartition de Chlore dans le sang qui indique l’emploi du sérum bicarbonaté. Quand, ce qui est rare, ce déséquilibre ne correspond pas à une augmentation de la valeur absolue du Chlore globulaire, il faut ajouter du sérum chloruré. Dans quelques cas enfin qui correspondent à de grandes déshydratations à évolution suraiguë, on trouve une hyperchlorémie équilibrée qui semble l’indication typique du sérum glucosé avec insuline.
Les résultats de la réhydratation conduite d’après ces données quoique difficilement appréciables paraissent réellement satisfaisants, étant donné l'état des malades.
Si l’on retranche de cette série deux malades qui n’ont pas été traités, on trouve 4 guérisons avec un recul suffisant (dont trois ont été obtenues chez des malades dont l’élat était vraiment désespéré), 4 survies temporaires de plusieurs semaines, les malades ayant succombé à un dernier paroxysme infectieux, et 4 morts : deux fois la chute du poids a pu être enrayée et le malade a succombé trois ou quatre jours après de broncho-pneumonie ; une fois où le traitement a complètement échoué, on découvrit à l’autopsie un hématome péri-bulbaire.
Ces conclusions fondées sur l’étude complète du Chlore du sang et en particulier du Chlore globulaire
en" LE
s'écartent souvent de celles des auteurs qui ont seulement dosé le Chlore du plasma. Courtney et Fales (1) ont enregistré des variations irrégulières du Chlore plasmatique chez les nourrissons en état de « marasme avec troubles intestinaux prolongés » et une tendance à sa diminution au cours des pneumonies ou bronchopneumonies. Boyd (2) trouve des résultats semblables, c'est-à-dire peu significatifs. Ils ne nous surprennent pas maintenant que nous avons appris lé peu de valeur de la connaissance du CI plasmatique seui. Par contre les auteurs germaniques qui ont étudié avec un Soin si minutieux, la déshydratation expérimentale de l’animal et même de l’enfant y ont constamment trouvé une augmentation importante du CI plasmatique. Ces conclusions se rapprochent des nôtres bien qu'il leur manque la précision apportée par la connaissance du Ciglobulaire. Nous verrons en recherchant la signification et la portée de la rétention du Chlore que les auteurs qui ont étudié complètement l'équilibre acide-base de l’enfant dans ses différents états pathologiques attachent à lion Cl une importance énorme et se félicitent de l'emploi du sérum bicarbonaté. Auparavant il convient d'examiner d'après nos observations les rapports
de la chlorémie avec la réserve alcaline et avec l’azo-
témie.
(1) Loc. cit. A. J. D. C., 1917.
C2, AT 'D;.0.; mars 19%, p.518.
PS