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encore, certains auteurs ont fait des examens comparés de la bile recueillie par tubage duodénal et de la bile recueillie aseptiquement à l’opération. C’est ainsi que WHrPPLE, sur 27 cas a trouvé 6 fois du colibacille dans la bile recueillie par tubage. Dans 5 cas, le même microbe put être mis en évidence dans la bile prélevée à l’opération. Chez le sixième malade, on ne put recueillir de bile ni par conséquent comparer les résultats. TINTI, par la même méthode, est arrivé à des conclusions tout-à-fait analogues. Sur 29 sujets tubés, 9 présentaient de la colibacillose biliaire. Tous étaient des lithiasiques et chez les deux malades qui furent opérés, le même colibacille fut retrouvé dans la bile prélevée à l’intervention. Enfin, dans les deux cas personnels opérés dont nous rapportons les observations, le même colibacille fut retrouvé dans la bile recueillie par tubage et dans le contenu de la vésicule.
On peut donc séparer les microbes trouvés dans le liquide du tubage en deux groupes : d’une part, les germes saprophytes du pharynx et de l’estomac, qui ne sont pas détruits par le suc gastrique, en particulier, le staphylocoque, le streptocoque, l’entérocoque, le pneumocoque ; d’autre part, le groupe des colibacilles, qui ne résistent pas à la traversée de l’estomac.
Nous nous croyons donc en droit d'affirmer que si les résultats bactériologiques de l'examen de:la bile de tubage sont sujets à caution d’une façon générale, on peut accorder une valeur très grande à la constatation du colibacille.
En pratique, la présence de celui-ci dans le liquide duodénal permet d'affirmer son origine biliaire. La seule
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réserve que nous croyons devoir formuler a trait aux malades anachlorhydriques. Chez ceux-ci la flore bactérienne duodénale est toujours très abondante et il n’est pas impossible que le colibacille venu de la bouche et du pharynx puisse traverser l'estomac.
On connaît les caractères bactériologiques du colibacille. Nous ne ferons que les rappeler. Le colibacille est un bacille mobile ne prenant pas le Gram. Il est extrêmement polymorphe, tantôt court et trapu, tantôt en navette, tantôt encore ovoïde. La culture est très aisée à obtenir, il se développe en moins de 24 heures sur la plupart des milieux usuels. En particulier, il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’il pousse rapidement sur les milieux à la bile qui n’a aucune action antiseptique à son égard. Sur gélose inclinée, il forme des colonies rondes, de grosseur moyenne, qui sans être complètement opaques sont moins transparentes que les colonies de bacille typhique. Les cultures dégagent une odeur fécaloïde assez particulière. Le colibacille fait fermenter la plupart des sucres et cette propriété est utilisée pour sa différenciation. Au cours de nos recherches nous l’avons habituellement cultivé sur cinq milieux : gélose lactosée et tournesolée qu'il fait rougir, gélose glucosée au rouge neutre qu'il fait virer, gélose au sous-acétate de plomb qu'il ne fait pas noircir, lait qu’il fait coaguler, et gélatine qu’il ne liquéfie pas. Tous ces caractères permettent de bien identifier le colibacille typique. Mais à côté de celui-ci, il existe de nombreuses races de paracolibacilles qui diffèrent des premiers, soit par leur immobilité soit par leurs propriétés fermentescibles vis-à-vis des
sucres.
A côté du colibacille, il nous faut signaler la fréquence __ relative du pneumobacille de Friedlander qui présente d’ailleurs des propriétés biologiques très voisines de celles du premier. Nos constatations marchent de pair avec les observations qui ont été publiées depuis quelques années par ABRAMI et ses élèves, par CARNOT, Dumonr et LIBERT d’angiocholite ou d’abcès du foie à pneumobacille de Friedlander. Ce fait est à rapprocher
. de la fréquence des pyélonéphrites à pneumobacilles | dont nous détaillerons plus bas une observation. Ces exemples montrent donc qu’il existe une assez grande similitude entre les affinités de ces deux microbes.