PATHOGÉNIE
La pathogénie de ces accidents infectieux a donné lieu à toute une série de travaux et d’hypothèses que l’on peut classer en quatre groupes.
Dans une première période, alors que l’on croyait le duodénum un organe très septique, on a tout naturellement expliqué les accidents infectieux des voies biliaires par la théorie de l’infection ascendante. Les modifications de la bile, la gêne de son excrétion favoriseraient l'infection de proche en proche partie du duodénum.
Puis à cette théorie a succédé celle de l'infection ascendante d’origine biliaire lorsque l’on pensait que les portions inférieures des voies biliaires étaient normalement septiques et qu’en particulier le colibacille était un hôte normal du cholédoque. |
Mäis assez rapidement, à mesure que l’on connaissait mieux les septicémies avec les travaux de WiDaL avec la thèse d’ABRAMI qui relate de nombreuses observations où l’hémoculture avait été pratiquée avec succès, une
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troisième théorie, celle de l’infection descendante d’ori- ‘gine sanguine s’accréditait de plus en plus. En même temps, les travaux d'Herrz-Boyer montraient l’importance de l'infection par voie sanguine, des voies urinaires dans le syndrome entéro-rénal. Là encore le parallélisme des deux infections est assez frappant. On sait que la colibacillurie simple, transitoire, est assez fréquente et très souvent ne donne lieu qu'à des symptômes minimes et épisodiques, si les voies d’excrétion des urines sont normales. Mais s’il existe une lésion telle que ptose rénale, coudure urétérale, adénome prostatique, rétrécissement urétral, provoquant de la stase, le colibacille se fixe sur les voies urinaires et entraîne des accidents parfois graves et toujours très rebelles à la thérapeutique. C’est ce qu'HEITZz-BoyER a appelé le syndrome entéro-rénal compliqué. Il semble que ces notions puissent s'appliquer à la colibacillose biliaire. Lorsque les voies d’excrétion sont normales, le passage du colibacille ne paraît provoquer aucun accident comme le montre l'observation Ros.. de colibacillose biliaire au cours d’une pyélonéphrite gravidique. Mais qu'il existe une cause de stase et l’infection chronique des voies biliaires est réalisée. Comme la lithiase est une des lésions les plus fréquentes de la vésicule, on comprend l’association si souvent retrouvée de colibacillose et de lithiase. Cependant, en dehors des cas de septicémie colibacillaire, il est difficile de mettre en évidence la phase de bacillémie qui passe inaperçue, et qui peut n'être qu'un épisode passager accompagnant des troubles intestinaux de constipation. Il faut donc pratiquer l’hé-