‹ Étude de la Colibacillose biliaireChapitre 22 sur 33 · PR COR · texte numérisé non relu

PR COR

On institue alors un traitement médical de désinfection biliaire, régime lacté, lavement froid. Pendant quatre jours le malade absorbe 10 grs. de bicarbonate de soude par la bouche. Cependant la température reste subfébrile aux alentours de 370 5, 379 8. Le 7 décembre le malade présente même une recrudescence à 380 6. Mais surtout le 15 apparaît une grande crise fébrile à 390 4 accompagnée de douleurs de l’hypocondre droit. Les jours suivants la température reste audessus de 389, l’ictère s’accentue et les matières sont décolorées-: C’est dans ces conditions qu’est pratiqué le second tubage duodénal qui ne ramène pas la moindre goutte de bile ni avant ni après instillation de sulfate de magnésie.

Le 17 décembre le malade commence à prendre de l’urotropine à la dose de 1 gr, 50 par jour. La température descend progressivement, le malade a l'impression que sa dernière crise l’a soulagé. Au bout d’une quinzaine de jours la température est à 37°, les téguments se sont partiellement décolorés, l’état général est meilleur.

Un troisième tubage permet de recueillir de la bile A et de la bile B après hypophyse, où les colibacilles sont toujours aussi abondants.

Le 2 janvier, une cure d’insuline à petites doses (5 unités par jour pendant 7 jours), améliore encore l’état général. Le malade notablement amélioré mais encore nettement ictérique demande à sortir le 9 janvier.

Depuis lors le malade est revu le 2 et le 23 février. L'’amélioration se maintient. Aucune crise ne s’est renouvelée mais les téguments restent colorés. La bilirubinémie, dosée par notre collègue Busson, monte au chiffre élevé de 75 milligrammes (0/00.

Deux nouveaux tubages ne montrent aucune différence dans la formule microbienne de la bile, l’un de ceux-ci ayant été pratiqué à la suite d’une cure de bicarbonate (15 grs. par jour pendant 15 jours). De plus c’est dans la bile B de l’un de ces tubages que nous trouvons avec le Docteur Dumont les cellules lipoïdiques décrites plus haut.

Le 15 avril, l’état est stationnaire. Il n’y a pas eu d’accès lébrile depuis maintenant 4 mois, les forces sont revenues, le

Eee

poids est augmenté. N’étaient la coloration des téguments et les résultats du tubage, le malade pourrait se croire guéri.

Il semble donc que le calcul ait pu être expulsé lors de la dernière crise, et que l'infection biliaire ait été atténuée par l’ingestion d'urotropine. Dans ces conditions, le malade, ne se décide pas encore à l'intervention chirurgicale.

Cette observation nous a paru intéressante à signaler, premièrement à cause de la colibacillocholie prolongée, analogue aux observations citées plus haut, secondement à cause des résultats du tubage qui nous a permis de suivre l'infection biliaire, et de trouver des cellules lipoïdiques, fait qui doit être assez rare. Enfin au point de vue pronostic le tubage permet de rester sur la plus grande réserve. En effet l'infection persiste, coexistant avec l’hépatite que signe l'ictère chronique.

Obs. IV. Mme Béz.…., 53 ans, entre le 18 novembre 1931, salle sainte Madeleine, ire par son médecin pour un ictère par rétention.

Le début des accidents remonte à 1927. À cette époque elle commence à accuser des douleurs siégeant au creux épigastrique, irradiant à l'épaule gauche et à l’espace interscapulaire. Ces douleurs sont extrêmement irrégulières dans le temps, survenant à n’importe quel moment de la journée, sans aucun rapport chronologique avec les repas. Elles ne s’accompagnent ni de vomissements, ni de nausées, ni de frissons. Cependant la température, mesurée plusieurs fois, s'élevait à 399, et la céphalée était toujours vive. Pendant toute cette période, qui dure environ 5 semaines, la malade ne remarque aucune coloration jaune des téguments ni des muqueuses.

Pendant les deux années qui suivent, il y a une sédation presque complète de ces phénomènes. Cependant quelques crises douloureuses légères apparaissent à intervalles irréguliers, elles ne dépassent jamais 5 jours de durée.

En janvier 1930, au contrairesurvient une crise plus violente même que la première. Les douleurs présentent les mêmes caractères, il existe de la fièvre, mais de plus on voit apparaître

Page 1