‹ Étude de la Colibacillose biliaireChapitre 24 sur 33 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

lithiasique date de la thèse de LONGUET en 1896. Ces travaux furent poursuivis surtout en Allemagne et en Amérique, où, grâce à la radiologie et au tubage duodénal les auteurs purent mettre en évidence sa fréquence. En France, la question fut surtout étudiée par CHrRAY et ses élèves ainsi que par BRULE et GARBAN grâce aux techniques modernes de diagnostic des affections de la vésicule. Tous ces auteurs tant français qu'étrangers ont insisté sur le rôle important que jouent les troubles digestifs et en particulier la stase caecale dans l’étiologie de cette affection. Dès lors, il était logique de penser que l’on rencontrerait comme agents causals des germes d’origine intestinale. C’est ce que semblèrent confirmer les premières études sur la bile recueillie aseptiquement à l’opération. Dans près de la moitié des cas, il fut trouvé du colibacille ou de l’entérocoque à l’état pur ou associé. Mais les travaux plus récents d'ALVAREZ de GUNDE- MANN vinrent modifier ces idées premières, en employant une méthode un peu différente. Au lieu de cultiver le liquide vésiculaire, ces auteurs ensemencèrent leurs milieux avec des fragments de paroi vésiculaire. Dans ces conditions, non seulement ils eurent des résultats positifs là où le liquide vésiculaire était stérile, mais encore ils obtinrent des statistiques où le colibacille jouait un rôle beaucoup plus restreint. Au contraire, le staphylocoque fut trouvé dans une proportion importante, 60 % des cas pour 12 % du colibacille.

Il y à donc une opposition entre les résultats fournis par la culture de la bile et par celle des parois mêmes de la vésicule. Dans les cas indubitables qui persistent ce-

pendant de cholécystite colibacillaire, le germe provient selon toutes probabilités par Voie sanguine. Pour certains auteurs américains, il serait même apporté à la vésicule non par la bile, mais directement par les Vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Pour expliquer la persistance et la fixité de l'infection, BB. VINCENT Lyon a

émis l'hypothèse ingénieuse des cercles vicieux, ame-

nant des réinfections successives. Il ne nous a pas été

possible dans les cas que nous avons observés de saisir

la phase bacillémique de l'infection, soit, comme il est

probable, que cette phase soit extrêmement passagère, : soit que l'infection reste limitée à la circulation porte.

Toutes les hémocultures que nous avons pratiquées chez des sujets présentant du colibacille dans leur bile sont

restées négatives.

Nous insisterons peu sur les signes cliniques de la cholécystite chronique, non lithiasique qui a été décrite en France très minutieusement par CHirAY. Cet auteur met en relief surtout les signes fonctionnelsextra-vésiculaires qui sont prépondérants et sont caractérisés par des phénomènes gastriques et intestinaux et des troubles de l'état général. Tous ces symptômes pourraient égarer le diagnostic si l’on ne recherchaït pas systématiquement le point douloureux vésiculaire et si l’on ne demandait pas une confirmation à la radiologie ou au tubage duodénal. Il ne faut pas manquer non plus chez ces malades de rechercher la colibacillurie, avec ou sans pyurie, qui pour BRULÉ et GARBAN coexisterait souvent. GOIFFON, après Herrz-BoYER, insiste sur la fréquence du parasi-

tisme intestinal chez ces malades. Nous pouvons à ce -

sujet rapporter les observations suivantes :

LS

Obs. V. Mme Va..., 55 ans, entre à la salle Sainte Madeleine le 10 décembre 1931 pour des douleurs hépato-vésiculaires et des névralgies cervicales.

Bien portante jusqu’à 35 ans, c’est à cet âge, il y a 20 ans, qu’elle commence à souffrir dans l’hypocondre droit. Ces douleurs siègent dans la région vésiculaire, irradiant vers le dos et l’épaule droite. Elles sont très irrégulières dans le temps avec un horaire très capricieux, non calmées par de nouveaux aliments ni par les alcalins, souvent influencées par le régime suivi. La malade remarque en particulier que l’ingestion de mollusques (moules, huîtres), ou de crustacés, les provoquent à coup sûr et très violentes. La crise dure une journée environ, se calmant dans la nuit et laissant le lendemain une grande lassitude et une migraine intense. Ces troubles s’accompagnent d’une constipation opiniâtre que d’ailleurs la malade ne cherche pas à soigner. Leur répétition se fait avec une assez grande fréquence durant plusieurs années mais ce n’est qu'il y à quinze ans qu'apparaît la première crise caractérisée de colique hépatique.

Son début est soudain par une douleur vive dans la région vésiculaire, irradiant à l’épaule droite, ne s’accompagnant pas de vomissements, et qui dure une demi-heure environ pour s’atténuer ensuite petit à petit. La malade présente ainsi trois crises en cinq mois au début de 1922.

C’est vers cette même époque que ce déclanchent les premiers accidents névralgiques de la face, accompagnés de vertiges et de crises d’amnésie. Plusieurs Wassermann pratiqués alors sont totalement négatifs. Ces névralgies n'ont depuis lors jamais disparu complètement.

En 1905, les douleurs de l’hypocondre droit se font plus violentes, l’appétit diminue et la malade maigrit. Mais surtout elle présente du meloena en assez grande quantité et, après examen radiologique, le diagnostic d’ulcus gastrique est porté. Après échec du traitement médical habituel, régime, pansements gastriques au kaolin, une intervention chirurgicale est décidée. Celle-ci est pratiquée par le docteur Sauvé et consiste en une gastro-entérostomie. Cette intervention amène une sédation des accidents douloureux abdominaux

ASE M #

H Ads EX Le"

PVR SE

Page 1