ÉTUDE DU SÉRUM DES CANCÉREUX
Avant d'entreprendre l'étude et le résumé des travaux effectués sur le sérum des cancéreux, nous croyons utile de rappeler brièvement la composition du sérum sanguin normal. Nous négligeons volontairement de parler ici des conditions dans lesquelles il convient de se placer pour recueillir le sang et pour obtenir le sérum avec le minimum de chances de pollution. Ces recommandations trouveront leur place au début de la partie technique de ce travail.
Le sérum sanguin, recueilli dans les conditions optima, et exsudé par le caillot, est un liquide légèrement visqueux, coloré en jaune clair par la sérolutéine, que l’on peut chauffer jusqu’à 65° environ sans le faire louchir. Du point de vue physique, ce liquide présente une concentration moléculaire remarquablement fixe chez le même individu. C’est elle qui règle la tension osmotique : la cryoscopie montre en effet une remarquable fixité du point de congélation qui est de — 0° 55, comme s’il s’agissait d’une solution de chlorure de sodium à 9 pour 1000. La mesure de la concentration ionique montre de même une remarquable fixité, mettant la réaction du sang sur la pente alcaline avec un
Poire Ph de 7,35, au voisinage de la neutralité. Cet équilibre ionique est maintenu par le jeu des substances tampons, . 2 r à A ? à, qui sont representees dans le. sérum surtout par l'acide
carbonique, le bicarbonate de soude et les phosphates
monosodiques et bisodiques.
Au point de vue chimique, le sérum sanguin contient trois sortes d'éléments : des sels minéraux, des éléments ternaires, enfin des éléments azotés.
Le sels minéraux existent au taux de 8 à 9 gr. pour 1.000, le chlorure de sodium représente à lui seul 6 gr. Les autres sels sont des chlorures de potassium et de calcium, des phosphates de sodium et de calcium, du phosphate de magnésium, du carbonate de sodium.
Les éléments ternaires sont tout d’abord des hydrates de carbone : parmi ceux-ci, le glycose prédomine, sa proportion dans le sérum est de 1 à 1 gr. 50. Ce sucre est un sucre réel, mais il existe un sucre virtuel, que produit l’hydrolyse acide du sérum, et qui serait d’origine protéidique (Bierry). Les autres éléments ternaires sont représentés par des lipoïdes, dont le principal est la cholestérine, au taux de 1 à 2 gr. 50 par litre.
Nous arrivons enfin aux éléments azotés, les uns albuminoïdes, les autres non albuminoïdes. Les premiers sont constitués surtout par les albumines du sérum, à savoir : une albumine : la sérum-albumine: deux globulines : la sérum-globuline et la fibrine-albumine, enfin une nucléoprotéide. On appelle quotient d’albumine le rapport
en égal à 1,45 normalement. Le dosage total des albu-
mines du sérum se fait commodément par la mesure de l'indice réfractométrique. Hammersten donne comme chiffre 76 gr. pour 1000, dont 45 gr. pour la sérum-albumine et 31 pour la sérum-globuline. Il existe aussi dans le sérum d’autres albumines : albumoses, peptones, normale-
SRE.
ment en quantité très faible, mais qui peuvent voir croître leur taux considérablement, notamment au cours des leucémies. Il nous faut enfin signaler les éléments azotés non albuminoïdes, particulièrement l’urée dont le taux normal est de 15 à 20 ctgr., l’acide urique, la créatinine, les bases xanthiques.
Chimiquement, le sérum sanguin est une solution d’albuminoïdes dans de l’eau salée. Mais cette solution est une solution colloïdale, jouissant de propriétés physico-chimiques synthétiques, qu’il conviendra d'étudier.
Nous allons passer en revue et résumer brièvement l’ensemble des travaux effectués sur le sérum des cancéreux. La nomenclature de tous les travaux est chose impossible, car ils sont légion; nous nous bornerons à citer surtout ceux qui ont paru faire franchir une étape à la question sérologique. La classification, à laquelle nous nous sommes arrêté, convient assez bien aux travaux anciens, elle s'inspire d’ailleurs de celle de Weinberg. En ce qui concerne les travaux modernes, le cadre est peut-être pour eux un peu étroit et artificiel, car aujourd’hui physique, chimie et biologie ne forment plus des entités distinctes; mais nous avons voulu sacrifier à la clarté.
Nous envisagerons donc létude analytique des travaux sérologiques sous trois rubriques : physique, chimique et biologique. Certaines recherches, qui dépassent très nettement les frontières d’un domaine déterminé, occuperont ainsi une place arbitraire en cours de classification. mais nous nous réservons dans une synthèse terminale la faculté de grouper les travaux dont la parenté immédiate n’apparaîtrait pas.
Nous donnons sur les travaux cités une bibliographie
succincte, mais suffisante. L’exposé des techniques dans leur détail nous entraînerait trop loin. Le lecteur voudra bien se
= D4Ve.
reporter aux livres et aux articles cités. Pour lui faciliter cette tâche, nous avons numéroté l’index bibliographique. Sacrifiant pour la commodité l’ordre alphabétique, nous avons adopté l’ordre logique d’exposition (et chronologique pour un groupe de travaux identiques) dans le classement
des travaux ayant trait à ces questions.