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S'il est juste que tout malade qui s'aggrave puisse demander que sa pension augmente, il n’est pas moins légitime que l'Etat puisse supprimer la pension du malade guéri.
L'origine de la tuberculose peut-elle être imputée au service ? Nous ne le croyons pas.
Quatre-vingt-quinze pour cent des individus sont en puissance de tuberculose d’après la tuberculinoréaction.
Dans la majorité des cas, la tuberculose pulmonaire chez le grand enfant n’est que le réveil d’une affection contractée au cours des premières années. « C’est une rechute beaucoup plus souvent qu’une « maladie nouvelle >» (Ch. LEsToquoY). A fortiori chez l’adulte.
« La primo-infection date généralement de l’enfance », écrit Léon BERNARD.
« La tuberculose se contracte dans l’enfance » (Professeur SERGENT).
Il ne reste donc que la question de l’aggravation.
L'évolution de la tuberculose est surtout fonction du terrain; elle se manifeste par des poussées intermititentes entre lesquelles la maladie semble stagner.
À quelle loi obéit cette évolution ? Il ne semble pas qu’elle ait pu être déduite des observations. On a vu des familles de tuberculeux présenter une évolution identique. Ayant toutes les apparences d’une bonne santé jusqu’à un certain âge, presque tous les membres d’une famille, au même âge, faisaient une poussée suraiguë de tuberculose qui les enlevait.
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On admet que le terrain s’est modifié, mais les causes de cette modification restent inconnues.
Toutefois, il existe un facteur personnel. Le Professeur SERGENT écrit : « Les réveils de la tuberculose « éclatent parce que l'individu a une aptitude bio- < chimique particulière à favoriser la germination « bacillaire ».
« Cette aptitude est favorisée par la diminution « de résistance ».
Ainsi il paraît équitable d'admettre qu’une existence menée dans des conditions particulièrement pénibles est de nature à ranimer un foyer latent.
C’est aux soldats du front qu'il fallait donc réserver exclusivement le bénéfice de l’aggravation et ne pas l’étendre à ceux de l’intérieur où l’on avait conservé la presque totalité des candidats aux poussées de tuberculose.
La vie dans les dépôts ou dans les services du territoire ne comportait pas de fatigues exceptionnelles, pas plus du reste que la vie de garnison après la guerre.
« Même les périodes de manœuvres les plus dures « ne causent jamais de fatigues exceptionnellement « pénibles », écrivent le Médecin-Commandant PomMé, Professeur-agrégé au Val-de-Grâce et le Médecin-Lieutenant PÉCHOUX.
Est-il possible de soutenir que l'Etat doit continuer à servir une pension à un réformé à 100 % pour une tuberculose éclose sept mois après la libération parce que ce militaire avait au cours de son service
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passé sept jours à l’infirmerie pour le motif suivant : « Est atteint de points thoraciques à droite et « fièvre. À été soigné du 21 au 27 février 1931 ».
En vertu de l’axiome : « Du moment qu’il y a eu « un épisode aigu, la pension est de droit imputable « du fait de la présomption légale », aucune suppression ne peut être envisagée.
Décret du 25 août 1925.
Le principe de ce décret est le suivant :
Un tuberculeux ne peut guérir qu'à condition de prendre un repos absolu et d’avoir une alimentation substantielle.
Principe exact pour certains tuberculeux, gravement atteints. D’autres au contraire pourront et devront même effectuer un travail en rapport avec leur état et nécessaire au rétablissement de leur santé.
Comme aucune différence n’est faite entre ces
malades, tous devront prendre un repos complet.
Une indemnité de soins, fixée à l’époque du décret à 5.000 francs, présentement doublée, est payée à tous les tuberculeux ou déclarés tels qui ne sont pas hospitalisés.
C’est manifestement une erreur que de ne pas avoir
traité les tuberculeux d’une façon différente suivant leur état.
Une discrimination entre eux aurait entraîné des”
complications insurmontables, objectera-t-on. Peutêtre dans les conditions présentes. Aucune, si la pen-
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sion n'avait été allouée qu'aux malades pour qui elle est justifiée.
Il ne suffit pas d’allouer de grosses sommes aux tuberculeux, il faut encore que ces moyens mis à leur disposition permettent d’atteindre le but que l’on s’est proposé.
Or, la surveillance est illusoire.
La plupart n’observent pas le repos absolu qu’implicitement ils ont accepté de prendre quand ils ont sollicité l’indemnité.
Quelles sont leurs obligations ? Se présenter régulièrement à un dispensaire qui assure la surveillance par les infirmières visiteuses.
Contrôle illusoire. i
Quand par hasard, des infractions sont constatées, la suppression de l’indemnité qui peut suivre n’est pas acceptée sans bruit. Alors se déclanche l’action de l’Association des combattants et victimes de la guerre, puissante par le nombre et l’argent obtenus par les adhésions de ces innombrables pensionnés, sans droits réels et dont le rôle est de défendre exclusivement leurs intérêts parce qu’elle défend les siens en même temps.
A cette action s’unit l’action du Parlementaire local, et tout est remis en état.
Voici un exemple donné par le Dr Maymou, dans le « Médecin » de Janvier 1934, d’un tuberculeux qui recoit toutes les indemnités prévues pour les grands malades malgrè la manifestation permanente d’une