‹ Étude de la morphologie maxillo-dento-faciale et des méthodes appliquées à la réduction de ses irrégularitésChapitre 20 sur 47 · LEONE · texte numérisé non relu

LEONE

n'avait sous les yeux des schémas ou des photographies plus explicites des anomalies en question. :

Aujourd'hui que nous-même désirons publier des observations, nous nous rendons compte de l'insuffisance du langage de l'anatomiè générale et, sur chaque dent, il faudrait appliquer des qualificatifs multiples des directions dans les différents plans de l’espace.

Quant aux classifications, il se trouve des cas qu'on peut ranger dans plusieurs groupes en même temps, c'est ce qui fait délaisser ces procédés d'expressions des anomalies.

Pourtant, il existe deux classifications importantes et devenues classiques, celle d’Angle et celle de Case, mais personne ne les applique. Ces deux auteurs n'ont pas vaincu la grande difficulté qu'on a d'exprimer, d’une façon précise, un cas d'anomalie d'ordonnance des dents.

La multitude de ces classifications nous fait conclure qu'elles ont peu satisfait les praticiens qui attendent qu’on établisse clairement, d'une manière définitive, une méthode qui fasse de l’orthodontie une branche de la médecine facile à expliquer et à comprendre.

Jusqu'ici, il est à remarquer que chaque auteur créant une classification évite avec soin d'employer les mots créés par son prédécesseur dans la question ou, s’il les garde, il leur donne un sens nouveau.

On passe des barbarismes Les plus stupéfiants à des néologismes qui, étymologiquement, n'ont aucune valeur et n'ont

de sens que celui que leur accorde l'auteur; on tombe du terme de mésio-ocelusion incompréhensible par lui-même à celui de infraocclusion qui est aussi obscur que la malocelusion entr'ouverte. La supraocclusion voisine avec la rotation mésio-linguale dans le sens axial, la latéro-version frontale avec l’inclinaison latéro-mésiale. Ce sont là des termes bien

ardus à comprendre, et en admettant qu'ils aient un sens fait de conventions avec l'auteur, ils donnent à la rigueur la qualité de la lésion, mais ils n'en indiquent pas l'importance, la quantité.

Ge qui ruine tous ces systèmes, c'est qu’à leurs bases sont des conventions toutes artificielles. L'un n'admet ni les protrusions, ni les rétrusions; Angle prétend qu'elles n'existent pas, qu'il n’y a que des antéversions ou desrétroversions des incisives. Enfin, nous n'insisterons pas sur cette littérature médicale déplorable composée de termes tels que malalignement, maléruption, malrotation, malposition, malocclusion trop fermée, intrusion.

Bref, malgré cet état de chose, chaque auteur voit dans sa méthode la sauvegarde et l'avenir de l’orthodontie, quand il ne se perd pas lui-même dans la terminologie dont il est l’auteur.

La synonymie, de ce fait, y est devenue aussi grande qu’en histoire naturelle; l’opistognathisme articulaire, par exemple, dit l’un, est un très mauvais terme, il en fait un nouveau mais qui n'est pas plus explicite, il le baptise rétropulsion mandibulaire, expression à laquelle, comme nous en avons fait l'expérience, chacun attribue une valeur spéciale; de même prognathisme est remplacé par protrusion bi-maxillaire et l'on croit avoir fait une œuvre profitable; en fait, on a jeté le doute terminologique dans l'esprit de ceux qui ont la constance de lire ces observations d’orthodontie, car n’a-t-on pas été jusqu’à employer le terme de régression dentaire pour exprimer certaines anomalies de position des dents par rapport à l’arcade dentaire, en oubliant que ce terme jusqu'alors était consacré par les zoologistes et les anatomistes comme impliquant l’idée d’une évolution amenant finalement la dis-

parition complète de l'organe en question.

Fauconnier

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