‹ Étude de la morphologie maxillo-dento-faciale et des méthodes appliquées à la réduction de ses irrégularitésChapitre 28 sur 47 · PB · texte numérisé non relu

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projection en rouge de la ligne cuspidienne supérieure L et en bleu celle de la ligne cuspidienne inférieure 1 dans leurs rapports d'ocelusion. Nous écrirons, bien entendu, à côté de chaque point la désignation du cuspide qu'il représente. Ce dessin, nous l'appellerons le dessin gabari; c’est un détrrminant qualitatif qu'i suffira de mensurer pour obtenir le

déterminant quantitatif.

Mensuration de la valeur des X et des Z sur le dessin gabari.

» Tracer sur le dessin gabari une droite passant par le point incisif supérieur [I et divisant sensiblement la figure en deux parties égales.

» Abaisser de chacun des points du dessin gabari une perpendiculaire sur cette ligne médiane; la longueur de cette perpendiculaire exprimée en millimètres représentera la valeur des Z pour chacun des points, tandis que la valeur des X en millimètres sera exprimée par la distance qui séparera le pied de cette perpendiculaire au point [ (fig. 13).

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» La figure 13 représente ce dessin gabari, avec les cotes de chaque point inscrites sur la partie moyenne de la ligne qui les représente. z

» Vous voyez toult.de suite, Messieurs, qu'en possession de ‘ces documents, il ne nous est pas nécessaire d'avoir de texte pour reconstituer les lignes cuspidiennes.

» 11 suffit de tracer sur une feuille de papier deux axes rectangulaires X et Z se coupant en I. Puis de porter sur la ligne Z du côté convenable la valeur en millimètres exprimée pour le Z d'un point quelconque, en même temps qu'on mesure sur les X.une e longueur égale à celle de VX de ce point.

» Les coordonnées menées par ces deux points D, X et D, Z nous donnent par leur rencontre la situation exacte de D;

» Et ainsi de suite pour chaque point.

. Projection verticale.

» Pour obtenir les projections verticales, soit développées, soit simplement orthogonales, de chacune des moitiés séparées de ces mâchoires, les difficultés sont assez grandes, aussi avons-nous eu recours à l'artifice suivant :

» Nous taillons notre modèle de plâtre inférieur, de façon à obtenir une surface lisse, sensiblement parallèle à l’axe des dents de ce maxillaire, et nous marquons en noir, sur celte surface, la (race d'un plan parallèle à la direction générale de celui de la ligne cuspidienne supérieure, les mâchoires étant en occlusion. Ce plan peut être considéré comme le plan horizontal où plan des x. Puis nous mesurons à l’aide d’un pied à coulisse la longueur de la perpendiculaire abaissée de chaque point cuspidien sur ce plan des X qui coupe le modèle inférieur, et dont la trace nous est représentée en noir.

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C'est, en somme, mesurer la distance verticale qui sépare cette trace de l'extrémité de chaque cuspide. Cette mesure est la cote verticale du cuspide considéré.

» Une fois toutes ces cotes relevées pour le maxillaire

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supérieur, on obtient, après avoir enlevé ce dernier, toutes celles du maxillaire inférieur en procédant comme précédemment.

» Grâce à ces cotes, nous allons pouvoir obtenir la projection verticale des lignes cuspidiennes. Nous obtiendrons séparément les projections droite et gauche de chaque mâchoire que nous placerons, comme vous le voyez, sur les figures de leur côté respectif (fig. 14).

» Une droite quelconque perpendiculaire aux Z représentera la trace du plan horizontal. Nous porterons à partir de la trace de ce plan sur les prolongements des Z la valeur de l'Y de chacun des cuspides mesurée, et nous obliendrons successivement la projection verticale de chacun des cuspides. | +» Nous inscrirons la valeur des Y sur la partie moyenne de la ligne qui figure cette cote verticale.

» Les X servent pour les deux projections à la fois.

» L'ensemble des cotes des X, des Ÿ et des Z constitue le

déterminant quantitatif des mâchoires considérées ».

Historique de l’étude des irrégularités dela morphologie

maxillo-dento-faciale.

Fauchard, Bunon et Mahon sont les premiers, au xvine siècle, à avoir décrit les lésions et les malformations des dents.

L'étiologie en était très obscure et on incriminait alors une affection fréquente, le scorbut, ou simplement les pyrexies du jeune âge. S

Puis vinrent Herner et $S. Davidsen qui étudièrent cette

question vers 1855, sans y apporter plus de lumières.

En 1858, Jonalhan Hutchinson envisage de plus près l'étiologie des malformations et de la mauvaise ordonnance des dents, les rattachant à la syphilis héréditaire.

Albrecht, Holler, Coleman, Duval, Broca, Tomes, Quinet approfondirent ces travaux. En 1877, Magitot publia son Traité des anomalies du système dentaire et réfuta les théories d'Hutchinson qui avait fait école en Angleterre; il se basa sur ce point que les animaux qui n'ont pas la syphilis peuvent présenter des anomalies dentaires. Vers 1885, Parrot reprit ces travaux et envisagea de nouveau la syphilis comme base de l’éliologie. Vint enfin A. Fournier dont les travaux retenlissants firent reprendre à la question toute son acuilé. Il reconnaissait la syphilis comme étant la cause la plus fréquente, mais non la seule cause des anomalies d'ordonnance, de nombre et de conformation des dents.

Nous pourrons les classer en anomalies de disposition des arcades dentaires par augmentation ou diminution du diamètre transversal des mâchoires, ce qu'il est convenu d'appeler atrésie, et en anomalies de direction se divisant en antéversion, latéroversion, rétroversion, rotation sur l'axe.

Les anomalies étant rares à la première dentition, nous insisterons sur celles qu'on trouve sur une dentition permanenle. |

De même les anomalies sont moins nombreuses et moins évidentes au maxillaire inférieur qu'au maxillaire supérieur.

Les positions vicieuses des dents ne sont, le plus souvent, qu'une conséquence des malformations osseuses et, le plus souvent, par suite de l’étroitesse de courbure des maxillaires, il y a chevauchement des dents.

La conformation du maxillaire inférieur est un des élé-

ments prépondérants de l'aspect sous lequél se présente le profil d'un individu; il est courant de rencontrer des maxillaires de malades chez qui les branches montantes présentent une face latérale très large et chez lesquels il y a absence complète de menton; on convient qu'il s’agit là d’une marque de retour atavique vers un type ancestral; une de nos gravures présente un cas semblable traité avec succès.

Ces mâchoires ont, en effet, une ressemblance frappante avec la mâchoire fossile la plus ancienne connue, celle de Heidelberg, qui date du pliocène, le plus grand nombre des fossiles humains n'étant que de l’époque quaternaire.

On pourra de même penser à un retour atavique chez ces gens, dont il nous a été permis d'observer quelques cas, qui présentent des dents trop petites pour la mandibule, soit des dents humaines implantées sur une mâchoire à type anthropoïde.….

Dans ces cas, les déviations dentaires sont rares maïs, si elles existent, la dilatation du maxillaire sera difficile.

Le prognathisme est une anomalie en présence de laquelle nous nous trouvons souvent; c'est la projection en avant de tout le massif facial inférieur, maxillaire supérieur aussi bien que maxillaire inférieur.

IL s'accompagne ou non d'une protrusion alvéolo-dentaire ou éversion dentaire.

L'asymétrie du maxillaire supérieur montre l'élévation d'un des bords de la voûte palatine. En plaçant des mensurations sur le moulage. en plâtre, on constate que la distance du bord alvéolaire d'un côté au raphé palatin est différente de cette même distance prise symétriquement, la pente de la voûte est abrupte d'un côté, douce de l’autre.

L'étroitesse de courbure du maxillaire supérieur est carac-

térisée par ce fait que le maxillaire est schématisé par deux

lignes parallèles antéro-postérieures représentant les groupes molaires, réunies par une transversale et perpendiculaire, c'est le maxillaire en parallélogramme.

Enfin, les malformations du palais osseux sont fréquentes. À l'état normal, la voûte palatine vient se terminer en une pente très aiguë, à un centimètre en arrière du point d'implantation des dents; on observera parfois un bourrelet mamelonné volumineux en arrière des dents incisives.

Parfois, la voûte palatine présente un agrandissement notable, tout le massif du maxillaire supérieur est plus volumineux qu'il ne devrait l'être pour l’âge du sujet et seul de tous les os de la face, dans ce cas, le maxillaire supérieur présente cette hypertrophie.

Les positions vicieuses des dents, inversion, éversion, chevauchement, rotation, sont suffisamment connues pour qu'il soit inutile d'insister ; pas plus que sur la disposition qu'on à dénommée double rangée de dents, bien que le nombre de

celle-ci soit parfaitement normal.

Étiologie de ces malformations

Les irrégularités maxillo-dento-faciales sont, en général, dues à un arrêt de développement des deux maxillaires ou à une insuffisance de développement pendant la poussée de la deuxième dentition, ce qui oblige les dents permanentes à se placer dans un espace restreint. |

Les causes de cet arrêt de développement sont multiples,

A. Causes constitulionnelles.

1° Elles peuvent être une manifestation pathologique héréditaire.

Il s'agit le plus souvent de syphilis héréditaire ou de rachi-

fisme.

re

Dans l'hérédo-syphilis, en particulier, on assigne aux stigmates dystrophiques buceaux un caractère spécifique. Les lois que Fournier assigne au mode de manifestation de ces dystrophies ont un çaïactère général et ne s'appliquent pas uniquement à l'hérédo-syphilis. Les dents élimées ou en scie, en gradin, l’atrophie du sommet ou dent en clou de girofle, la dent dite d'Hichinson, avec l'échancrure semilunaire ct l'aspect en tournevis; leur position oblique convergente de Fournier, le microdontisme, l'amorphisme ou dent en caillou, les absences de certaines dents, ne sont pas plus. caractéristiques, pathognomoniques de la syphilis héréditaire que les irrégularités d'implantation, les diastèmes, que l’ogivalité de la voûte palatine, la dystrophie de l’arcade dentaire supérieure, le rétrécissement transverse de la mâchoire supérieure, la dystrophie de l'os incisif ou l'asymétrie des deux moitiés du maxillaire avec, comine résultat, l’'engrenage vicieux des arcades dentaires.

Toutes ces altérations des dents, comme il est facile de s'en rendre compte, sont produiles non seulement par la syphilis mais par toute cause amenant un trouble nutritif dans l’embryogénèse. |

Combien semble restrictive et petite cette idée de considérer la fameuse dent d'Hutchinson, que l'auteur lui-même n'a jamais d'ailleurs définie exactement, comme paraissant spéciale à l'hérédité de la syphilis.

IL est beaucoup plus rationnel d'admettre que l'érosion, par exemple, est un (rouble de structure, qu'elle affecte des formes diverses et qu'aucune de ces formes n'a de signification spéciale.

L'alcoolisme, la tuberculose, l'hérédité névropathique, le salurnisme peuvent être des causes de dystrophie au même litre que la syphilis; toutefois, vu la fréquence de la syphilis,

on ne se trompera guère en considérant ces lésions comme le résultat d'une infection spécifique au cours de l'embryogénèse.

Cependant il faudra se rappeler que l'hérédité syphilitique ne se manifeslera pas uniquement par une anomalie dentaire, il y aura toujours d'autres lésions, en d’autres organes, mais celles-ci sont plus difficilement dépistées, et qu'un hérédosyphilitique peut présenter des stigmates dentaires, non pas du fait de la syphilis, mais parce qu'un de ses ascendants en présentait. En sa (thèse de 1898, À. Fournier a voulu synthéüser les caractères propres à l'hérédo-syphilis, mais il n'a pas démontré que ces caractères appartenaient en propre à l'hérédo-syphilis, pas même la dent d'Hutchinson.

Le rachitisme, étant donné les modifications osseuses qu'il entraine, est un élément considérable dans l’étiologie de ces déformations. Gaillard a même écrit à ce sujet : « Tout individu en état de rachitisme aura les dents en rétroversion, s’il est hydrocéphale; en antéversion s'il est microcéphale ».

Ces dystrophies des maxillaires peuvent être envisagées comme les dystrophies du squelette en général qui leur sont d’ailleurs le plus souvent concomitantes. Nous n’hésiterons pas à voir dans ces anomalies du développement du massif facial et du maxillaire inférieur et dans la situalion anormale des bourgeons dentaires dans ces maxillaires des manifestations de rachitisme.

Les expériences d'intoxication directe lentées chez les mammifères n'ont point montré que la nature de l'intoxicalion ait un effel spécifique et Féré attribuait les troubles de lembryogénèse aux troubles de nutrition consécutifs.

On doit rechercher la cause de cette dégénérescence dans une trophonévrose qui peut être acquise ou héréditaire ou dans une intoxication par des produits d’origine intestinale,

Bref, toutes les intoxications et les infections chroniques peuvent créer des dystrophies dans la moelle osseuse et les cartilages du nouveau-né.

Nous devons signaler. ici les travaux récents de MM. H. Claude et J. Rouillard (Presse médicale, mars 1914) qui ont trouvé l'origine de certains cas de rachitisme dans l'insuffisance thyroïdienne des procréateurs; à cela, nous ajoutérons les facteurs dont l'action nous paraît déjà démontrée, tels que le manque d'équilibre physique des progéniteurs.

L'origine des dévialions dentaires découle souvent de modifications des branches horizontales et des branches montantes des maxillaires ainsi que de l’ouverture de l'angle formé par ces deux parties ; on l’a attribué aussi à un arrêt de développement des deux maxillaires pendant la poussée de la dentition adulte, ce qui obligerait les dents permanentes à se placer dans un espace restreint. Ceci fut incontesté jusqu'au . jour où il fut affirmé que si l’on mesure chez le même individu les organes dentaires temporaires et les organes permanents qui vont les remplacer, on constale que la somme des mensurations obtenues est égale, que même, dans beaucoup de cas, la somme temporaire est supérieure à la somme permanente.

Le prognathisme dans la race blanche doit être rattaché à un trouble originel de développement osseux, le plus souvent c'est du rachitisme.

L'un des caractères des lésions rachitiques chez l'enfant au niveau des dents est d'être progressif, ces lésions s’accroissent avec l’âge, qu'il s'agisse d'une malformation da palais osseux, d'une asymétrie du maxillaire supérieur où d'un maxillaire en parallélogramme.

I convient donc de s'opposer le plus tôt possible à cette

asymétrie et de s'efforcer par un traitementapproprié, comme

la dilatation par le monobloc, de corriger ces déformations.

On agira sur l'état général en combattant Les causes supposées du rachitisme : alimentation défectueuse des enfants, gastro-entérite. Le praticien, dépistant les symptômes du rachitisme par la première dentition, agira par un traitement prophylactique avant l'apparition de la deuxième.

Le rachitisme sera facilement dépisté si on trouve le signe pathognomonique de l'hypertrophie du maxillaire supérieur, hypertrophie qu'on ne rencontre sur aucun autre os de la face nt du crâne.

Enfin les déviations, excessivement nombreuses et fort intéressantes à étudier, peuvent provenir de causes diverses en dehors du développement des maxillaires par rapport au volume des dents; ainsi l'absence de germe dentaire ou la migration des foillicules, sans parler des dents surnuméraires. Nous passerons sous silence les déviations par bec de

lièvre dont l'origine est connue de tous.

B. Causes acquises pathologiques.

La Leontiasis ossea entraine des modifications du massif osseux facial. Elle est caractérisée par un épaississement diffus des os de la face et du crâne, la face présente une déformation rappelant le mufle du lion, c'est le facies leonien (Virchow).

L'Acromégalie isolée en 1885 par Pierre Marie entraine, avec les déformations hypertrophiques des mains et des pieds, une saillie très proéminente du maxillaire inférieur donnant un léger ptosis de la lèvre inférieure. Assez souvent il y a un épaississement de la langue. Les sinus de la face et la selle turcique sont élargis, l'os médullaire s'accroit aux dépens de

l'os périostique. Les auteurs font jouer le plus grand rôle à

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